Obama-Chavez, la poignée de main qui fait débat

Philippe Berry

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ALFONSO OCANDO - MIRAFL/EPA/SIPA
De notre correspondant à Los Angeles
 

Une poignée de main, un sourire et un cadeau. Il n’en faut parfois pas plus pour créer une polémique. La rencontre entre Barack Obama et Hugo Chavez, vendredi, lors du sommet des Amériques, a largement dominé les débats des émissions politiques américaines du week-end.

 

>> Le bilan du sommet des Amériques, c’est ici

 

L’ancien représentant républicain Newt Ginrich s’est lâché dimanche, qualifiant le geste d’Obama «d’irresponsable». «Franchement, ça ressemblait à du Jimmy Carter. Carter a essayé la faiblesse quand le monde devenait dur. Quand les prédateurs, oppresseurs et dictateurs anti-américains sentent la faiblesse, ils le prennent comme un encouragement», a-t-il attaqué dans l’émission «Fox&Friends».

 

Cette ligne est largement reprise par tous les commentateurs conservateurs. Weekly Standard reproche à Obama d’avoir accepté comme cadeau «Les veines ouvertes de l’Amériques latine: cinq siècles de pillage d’un continent», un livre «écrit par un gauchiste qui accuse les Etats-Unis de diaboliser Chavez».

 

De son côté, National Review, comme lors du voyage européen d’Obama, reproche au président d’effectuer «une tournée d’excuses», de faire preuve de «naïveté» et de donner une légitimité à «un pseudo dictateur».

 

Quand faut-il ne pas serrer la main d’un leader?

 

C’est la question posée par Politico à de nombreux experts. Il y a donc tout une «doctrine de la poignée de main». Certains rappellent que Roosevelt avait serré celle de Staline, ou Reagan celle de Mao, ou Donald Rumsfeld celle de Saddam Hussein. Pour un expert, «serrer la main de Chavez était le meilleur moyen de rendre sa diabolisation des Etats-Unis inefficace». Pour un autre, «ce geste n’en fait pas des BFF (best friends forever, "meilleurs amis pour toujours").

 

Dans tous les cas, il semble qu’on ait apprécié l’initiative d’Obama du côté de Caracas. Un diplomate l’a qualifié «d’historique». Et au-delà des paroles, l'ambassadeur du Venezuela va faire son retour à Washington, après le rififi de septembre dernier.


Selon vous, Obama fait-il preuve de sagesse ou de faiblesse?