Un homme d'affaires français, son épouse et leur fillette retrouvés morts dans leur appartement à Moscou: sur la piste du triple meurtre

FAIT DIVERS Derrière ce qui semblait être un simple incendie, les enquêteurs russes ont découvert des faits troublants...

M.Gr. avec agence

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Les corps de Thierry Spinelli, négociant français dans la filière viticole, son épouse Olga et leur fillette de deux ans, Lisa, ont été découverts brûlés lundi matin dans leur foyer moscovite de la rue Tverskaïa-Iamskaïa, en plein centre-ville. Le feu a pris peu après 6 heures, heure locale.

Selon une source au sein du Comité d'enquête du Parquet de Moscou citée par l’agence Itar-Tass, «les pompiers ont sorti l'enfant qui est mort dans leurs bras. Le père et la mère étaient déjà décédés dans l'appartement».

Un banal incendie, à première vue. Sauf que les autorités sont plus que sceptiques sur les causes du décès. «Les enquêteurs penchent pour un incendie criminel car on a découvert deux foyers d'incendie d'une surface totale de 20 mètres carrés», a expliqué la porte-parole de l’institution, Viktoria Tsyplenkova. Plus troublant encore, «selon l'expert qui a examiné le corps d'Olga sur place, elle a été étranglée». Pour le chef du Comité d'enquête, Anatoli Bagmet, «la porte d'entrée de l'appartement était ouverte au moment de l'incendie, ce qui étaie également la version d'un incendie criminel».

Une enquête a donc été ouverte pour meurtre. «Mais les corps sont brûlés, il faut donc une expertise plus détaillée» a ajouté Tsyplenkova.

Selon l'agence RIA Novosti, la famille Spinelli avait acheté cet appartement en 2006. La petite Elisa était gardée par une nourrice. «Personne n'a vu la nounou. La famille avait une jeep Pajero noire, qui se trouvait toujours sous les fenêtres. Aujourd'hui elle n'y était pas», a confié une source au sein de la police.

Thierry Spinelli était le représentant en Russie de France Direct Vignobles, une société française qui assure la promotion de vins de Bordeaux à l'étranger. Il fut également directeur commercial de Château le Grand Vostock, une société qui produit du vin dans la région de Krasnodar, dans le sud du pays, en utilisant des technologies françaises.

«C'était un businessman à succès», a précisé au «Moscow Times» Elena Denisova, membre du conseil de surveillance de Château le Grand. La compagnie a produit avec lui le meilleur vin de Russie. Je ne crois pas qu'il avait des ennemis, je ne vois qu'un cambriolage qui a mal tourné pour expliquer ce drame.»