Le discours d'Ahmadinejad: un «appel intolérable à la haine raciste» selon Sarkozy

DURBAN II Les pays européens ont quitté la salle pendant le discours du président iranien...

20minutes.fr (avec agence)

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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad le 20 avril 2009 lors de la conférence de Durban II
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad le 20 avril 2009 lors de la conférence de Durban II — EPA/SALVATORE DI NOLFI
La conférence «Durban II» a débuté ce lundi dans la confusion la plus totale comme sa grande soeur de triste mémoire, la conférence de Durban en 2001. Les représentants de l'Union européenne présents à la conférence ont quitté la salle pendant le discours de Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, alors qu'il commencait ses attaques contre Israël.

Le président iranien a qualifié Israël de «gouvernement raciste». «Après la fin de la Seconde guerre mondiale, ils (les Alliés, ndlr) ont eu recours à l'agression militaire pour priver de terres une nation entière sous le prétexte de la souffrance juive», a expliqué Ahmadinejad.

«Ils ont envoyé des migrants d'Europe, des Etats-Unis et du monde de l'Holocauste pour établir un gouvernement raciste en Palestine occupée», a-t-il lancé dans une claire allusion à Israël. «Des efforts doivent être fait pour mettre un terme aux abus des Sionistes et de (leurs) partisans», a poursuivi le président iranien, provoquant le départ de la salle du siège de l'ONU des 23 représentants européens présents sous les huées des participants.




«Aucun compromis n'est possible»

Nicolas Sarkozy a appelé lundi l'Union européenne à faire preuve d'une «extrême fermeté» après le discours du président iranien qu'il a qualifié d'«appel intolérable à la haine raciste». Le chef de l'Etat français «qui avait déjà rejeté des propos inacceptables tenus en d'autres circonstances par le président iranien, condamne totalement ce discours de haine», indique un communiqué de la présidence française.

Bernard Kouchner a indiqué de son côté qu'«aucun compromis n'est possible» avec
Mahmoud Ahmadinejad. «Je souhaite que ce geste de protestation suscite une prise de conscience au sein de la communauté internationale: la protection des droits de l’Homme et la lutte contre toutes les formes de racisme sont trop importantes pour que les nations ne s’unissent pas contre tous les discours de haine, contre tous les dévoiements», a dit le ministre des Affaires étrangères français.

Israël condamne la rencontre Ban-
Ahmadinejad

La recontre ce lundi entre Ban Ki-moon et Mahmoud Ahmadinejad suscite la répobation d'Israël: «Il est regrettable que le secrétaire général de l'Onu ait crût bon de rencontrer le plus grand négationniste actuel, qui est à la tête d'un pays membre de l'Onu qui appelle à la destruction d'un autre pays (Israël) lui aussi membre l'Onu, le jour de la commémoration de la Shoah», a affirmé le ministère israélien des Affaires étrangères.

Ban Ki-moon a à son tour condamné les propos d'Ahmadinejad: «Je déplore l'utilisation de cette plateforme par le président iranien pour mettre en accusation, diviser et même provoquer», a-t-il déclaré. Il avait pourtant auparavant mis en garde Ahmadinejad contre «l'amalgame entre sionisme et racisme» au cours de leur rencontre en tête-à-tête.

Ayant fait planer le doute jusqu'à la dernière minute, les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, ainsi que l'Allemagne sont absents de la conférence.

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