Crise en Ukraine : Biden et Poutine prônent « diplomatie » et « dialogue » avant leur entretien téléphonique

DIPLOMATIE Les Occidentaux accusent le Kremlin de masser des troupes à la frontière avec l’Ukraine en vue d’une éventuelle attaque

20 Minutes avec AFP
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Joe Biden et Vladimir Poutine, à Genève le 16 juin 2021.
Joe Biden et Vladimir Poutine, à Genève le 16 juin 2021. — Patrick Semansky/AP/SIPA

Edit : Ajout le 30 décembre de déclarations de Vladimir Poutine, du Kremlin et de la Maison Blanche. 

Une sortie de crise par la diplomatie ? Joe Biden compte proposer, selon la Maison Blanche, une « voie diplomatique » à son homologue  Vladimir Poutine lors d'un appel téléphonique ce jeudi. Alors que la crise diplomatique est forte entre les Occidentaux et Moscou, la place est toujours au dialogue. 

Les présidents américain et russe vont se téléphoner ce jeudi « pour discuter de divers sujets, dont les prochains contacts diplomatiques avec la Russie », a annoncé mercredi la porte-parole américaine du Conseil de sécurité nationale, Emily Horne. L’information a également été confirmée par le Kremlin.

Vladimir Poutine s'est dit « convaincu », dans ses voeux de Nouvel an au président américain, qu'un dialogue « efficace » et « fondé sur le respect mutuel » était possible, rappelant le sommet en juin à Genève ayant réuni les deux hommes.

« Seule la voie des négociations peut résoudre l'abondance des problèmes immédiats qu'il y a entre nous », a ajouté par la suite le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Il s’agira du deuxième entretien téléphonique entre les deux dirigeants en moins d’un mois. Le premier appel avait été tendu alors que Biden avait menacé Poutine de sanctions « comme il n’en a jamais vu » en cas d’attaque contre l’  Ukraine. Cette fois, la conversation entre les deux chefs d’Etat interviendra deux semaines avant des négociations entre les deux pays prévues le 10 janvier à Genève sur les traités de contrôle de l’armement nucléaire et la situation à la frontière russo-ukrainienne, où les Occidentaux accusent Moscou de masser des troupes en vue d’une éventuelle attaque.

Jean-Yves Le Drian consulté

Joe Biden, qui s’entretiendra avec son homologue depuis son fief du Delaware, se montrera prêt à emprunter « une voie diplomatique » mais les Etats-Unis, qui demeurent « profondément inquiets » de la présence de troupes russes à la frontière avec l’Ukraine, seront aussi « préparés à répondre » en cas d’invasion, selon un responsable de la Maison-Blanche. Washington « aimerait voir les troupes (russes) retourner à leurs zones d’entraînement habituelles », a précisé cette source.

Le président américain continue en outre de consulter « ses alliés et partenaires » au sujet de l’Ukraine, a précisé Emily Horne. En amont de l’appel de ce jeudi, le secrétaire d’Etat Antony Blinken s’est ainsi entretenu mercredi avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky d’une part, et ses homologues français, allemand et britannique d’autre part.

Sergueï Lavrov exclu toute « concession » de Moscou

Le chef de la diplomatie américaine a ainsi réaffirmé à Volodymyr Zelensky « le soutien sans faille des Etats-Unis à l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine face au renforcement militaire de la Russie ». Le président ukrainien a quant à lui souligné dans un tweet avoir reçu l’assurance d’un « plein soutien américain » pour « contrer une attaque russe ».

Avec les ministres des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, allemande, Annalena Baerbock, et britannique, Elizabeth Truss, Antony Blinken a ensuite évoqué « l’importance d’une coordination continue afin de dissuader une quelconque attaque russe contre l’Ukraine ». Les quatre chefs de la diplomatie ont en outre réaffirmé le « consensus » en vue d'« imposer des conséquences massives et des coûts exorbitants à la Russie » le cas échéant. Mais, signe que les discussions du 10 janvier seront âpres, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a d’ores et déjà exclu toute « concession ».