Etats-Unis : Une émissaire nommée spécifiquement pour les droits des femmes afghanes

DROITS HUMAINS Le sort des femmes afghanes est une priorité affichée de l'administration américaine depuis que les talibans ont pris le contrôle du pays

M.F avec AFP
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Rina Amiri, la nouvelle émissaire spéciale du président Joe Biden pour les droits des femmes et des filles afghanes et les droits humains en Afghanistan
Rina Amiri, la nouvelle émissaire spéciale du président Joe Biden pour les droits des femmes et des filles afghanes et les droits humains en Afghanistan — RANDY SHROPSHIRE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le gouvernement américain a décidé de se doter d’une émissaire spéciale pour les droits des femmes et des filles afghanes et les droits humains en Afghanistan. La nomination s’est faite mercredi et c’est Rina Amiri, une Américaine née en Afghanistan qui avait travaillé dans l’administration de l’ex-président Barack Obama qui tiendra se rôle auprès du président  Joe Biden.

« En tant qu’émissaire spéciale, elle travaillera sur une série de dossiers d’une importance critique pour moi, pour l’administration américaine et pour la sécurité nationale des Etats-Unis : les droits humains et les libertés fondamentales des femmes, des filles et des autres populations à risque dans toute leur diversité », a expliqué le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Qui est Rina Amiri ?

Rina Amiri, 53 ans, a quitté l’Afghanistan enfant, lorsque ses parents émigrent en Californie. Encore étudiante à la Tufts University à Boston, elle s’était fait connaître en protestant contre le régime des talibans après les attentats du 11-Septembre qui ont provoqué l’intervention américaine en Afghanistan.

« Les Etats-Unis et l’Europe devraient aller au-delà des échanges avec les talibans limités à l’évacuation de leurs ressortissants et alliés et à la coordination de l’accès à l’aide humanitaire », a-t-elle estimé dans un article publié en septembre par la revue Foreign Affairs. Selon elle, le Pakistan, allié historique des talibans, n’a pas suffisamment insisté sur les droits des femmes dans ses relations avec les talibans.

Les Afghanes toujours exclues de la fonction publique et de l’accès à l’éducation

Près de six mois après le retrait américain d’Afghanistan, AntonyBlinken a rappelé que les Etats-Unis souhaitaient « un Afghanistan pacifié, stable et sûr, où tous les Afghans peuvent s’épanouir ». Le respect des droits des femmes est une des conditions exigées par les donateurs pour la reprise de l’aide internationale à l’Afghanistan.

En quête de reconnaissance internationale, les talibans se sont engagés à gouverner moins brutalement que lors de leur premier règne (1996-2001), mais les femmes sont toujours largement exclues de la fonction publique et de l’accès à l’éducation secondaire. Les talibans ont aussi émis des recommandations demandant aux conducteurs de ne pas circuler avec des femmes sur de longues distances si elles ne sont pas accompagnées.