Sommet des Amériques: Obama ouvre «une nouvelle ère» mais Cuba fait débat

DIPLOMATIE Malgré les bonnes intentions, les participants n'ont pas pu se mettre d'accord sur la déclaration finale qui fait l'impasse sur l'embargo imposée à l'île...

Avec agence

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ALFONSO OCANDO - MIRAFL/EPA/SIPA

Le sommet des Amériques s'est achevé dimanche avec la promesse d'une nouvelle ère dans la relation entre les Etats-Unis et ses voisins du sud, mais sans parvenir à l'unanimité, Washington ayant écarté une levée rapide de l'embargo contre Cuba.

Le président américain Barack Obama a admis à l'issue du sommet que la politique menée pendant 50 ans par les Etats-Unis à l'égard de l'île communiste «n'avait pas marché» mais écarté l'idée d'un changement «du jour au lendemain».

Signaux positifs

«Les questions relatives aux prisonniers politiques, à la liberté d'expression et la démocratie sont importantes, et ne sauraient être simplement mises de côté», a-t-il dit à la presse, ajoutant: «Pas seulement des mots, mais des actes, c'est le défi pour nous tous».

Il a néanmoins relevé des «signaux positifs» dans les relations de Washington avec Cuba et le Venezuela, son principal allié.

Un peu plus tôt dans la journée, le principal conseiller économique du président américain, Lawrence Summers, avait affirmé que la levée de l'embargo instauré depuis 1962 n'était «pas pour demain».

«Atmosphère franche et cordiale»


Malgré la question cubaine, la plupart des dirigeants des Amériques se sont déclarés séduits par le discours de Barack Obama qui a proposé «une nouvelle ère» dans les relations avec l'Amérique latine.

«Le succès a été de parvenir à relancer le dialogue sur le continent américain dans une atmosphère franche et cordiale», a estimé le président mexicain, Felipe Calderon.

Mais les participants du sommet ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur le texte de la déclaration finale.

Chavez pas très content

Le Premier ministre de Trinité-et-Tobago, Patrick Manning, a reconnu que «la déclaration elle-même n'avait pas l'accord de l'ensemble des 34 pays». Il a expliqué que les dirigeants avaient décidé de «l'adopter» plutôt que de le signer pour reconnaître «qu'il n'y avait pas d'unanimité».

Plusieurs pays de la gauche radicale, emmenés par le président vénézuélien Hugo Chavez, ont jugé «inacceptable» la déclaration finale faisant l'impasse sur l'embargo contre Cuba.

Exclu de l'Organisation des Etats américains (OEA) depuis 1962, Cuba n'était pas invité au sommet.

Levée de nombreuses restrictions

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, un dirigeant de gauche modéré, a estimé, dans un entretien publié dimanche, que Washington ne devait pas «attendre des gestes de Cuba pour que d'autres pas soient faits».

Barack Obama s'était pourtant déclaré «prêt au dialogue» avec Cuba au début du sommet des Amériques, afin d'emmener dans une «nouvelle direction» les relations entre Washington et La Havane, conflictuelles depuis 50 ans.

Il avait annoncé, avant de rallier Trinité-et-Tobago, la levée de toutes les restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Cubano-Américains vers leur île d'origine.

Raul Castro ouvert au dialogue sur tous les sujets

Le président cubain Raul Castro avait répondu être ouvert à «un dialogue sur tout» avec Washington, «y compris les droits de l'Homme, la liberté de la presse, les prisonniers politiques».

Ces faits et gestes avaient laisser espérer un rapide rapprochement américano-cubain et une entente plus profonde avec les Latino-Américains.

Hugo Chavez, bête noire des Etats-Unis sous le président George W. Bush, a d'ailleurs prodigué à Barack Obama d'étonnantes marques d'amitié. Après avoir déclaré vouloir «être son ami», il a annoncé la désignation d'un ambassadeur à Washington où il n'avait plus de représentant depuis sa décision d'expulser l'ambassadeur américain en septembre.

Les dirigeants se sont réunis dimanche matin à la résidence officielle du gouvernement, avant une dernière photo de famille.