Sommet des Amériques: ça coince sur Cuba

DIPLOMATIE Avant même le début de la rencontre avec Obama, certains chefs d’état sud-américain contestent le projet de déclaration finale...

MD (Avec agence)

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Trinidad et Tobago se prépare à la visite de Barack Obama le 17 avril 2009
Trinidad et Tobago se prépare à la visite de Barack Obama le 17 avril 2009 — REUTERS/Jorge Silva

Tous unis derrière Cuba. Le Venezuela, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, le Honduras, La Dominique et Saint-Vincent, qui composent le bloc de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba), jugent «inacceptable» la déclaration finale prévue pour l'issue du sommet des Amériques, a annoncé vendredi Hugo Chavez. Un sommet qui réunit à Trinidad-et-Tobago les 34 chefs d’Etat des pays du continent américain.
 
La levée pure et simple de l'embargo

Les dirigeants de 33 pays des Amériques rencontrent ce vendredi pour la première fois le président américain Barack Obama, mais les retrouvailles avec les Etats-Unis semblent menacées par la question cubaine. Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé, quelques heures avant le début du sommet, qu'il allait censurer dimanche la déclaration finale, estimant qu'elle faisait l'impasse sur l'embargo imposé à Cuba par Washington depuis 1962.
 
Les présidents latino-américains sont favorables à une levée de cet embargo, mais la plupart d'entre eux parient, à l'instar du brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ou de la chilienne Michelle Bachelet, sur un processus graduel. Hugo Chavez voudrait, lui, exiger de Barack Obama la levée pure et simple de l'embargo. Réunis au Venezuela à la veille du sommet, les présidents du Nicaragua, du Honduras et de la Bolivie se sont joints à lui et au président cubain Raul Castro pour présenter un front uni face aux Etats-Unis.

Un nouveau (faux) départ

Cuba, exclue de l'Organisation des Etats américains (OEA) depuis 1962, n'est pas invitée à participer aux sommets des Amériques. Soucieux d'empêcher que cette question ne gâche les retrouvailles de son pays avec l'Amérique latine, Barack Obama a ordonné dès lundi la levée des restrictions sur les voyages des Américano-Cubains et les transferts d'argent vers l'île communiste.
 
En réponse, Raul Castro s'est dit prêt à entamer «un dialogue sur tout» avec les Etats-Unis à condition que cela soit d'égal à égal. Vendredi, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est félicitée de «l'ouverture» manifestée par le dirigeant cubain.
 
Barack Obama a proposé aux Latino-Américains d'amorcer «un nouveau départ» avec les Etats-Unis, s'engageant à en finir avec les pratiques unilatérales. «Trop souvent, les Etats-Unis n'ont pas recherché ni maintenu le dialogue avec leurs voisins», reconnaît-il dans une tribune publiée jeudi dans des journaux d'Amérique latine. Cette prise de position a été saluée par des diplomates latino-américains.