Ukraine : Attaque au cocktail Molotov contre un consulat russe, pas de blessés

TENSIONS Moscou a dénoncé un «acte terroriste» alors que Kiev assure que Poutine veut «détruire l'Ukraine»

20 Minutes avec AFP
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le secrétaire du Conseil de sécurité national ukrainien Oleksiy Danilov le 24 décembre 2021.
le secrétaire du Conseil de sécurité national ukrainien Oleksiy Danilov le 24 décembre 2021. — AFP

Pas de trêve de Noël. La Russie a dénoncé vendredi une attaque avec un engin incendiaire contre son consulat général à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, un incident qui n’a pas fait de victime mais intervient en pleines tensions entre Moscou et Kiev.

« Le 24 décembre, à 2h30 du matin, le Consulat général de Russie à Lviv a subi un acte terroriste. Une personne non-identifiée a jeté en direction d’une entrée de l’établissement une bouteille avec un liquide inflammable qui a pris feu », a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué.

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, l’incident n’a pas fait de blessés. La police de Lviv a précisé que le cocktail Molotov avait été jeté contre l’enceinte entourant le consulat, sans endommager le bâtiment, ajoutant avoir ouvert une enquête pour « hooliganisme ». « Cet acte scandaleux et inacceptable est la conséquence d’une exacerbation en Ukraine de l’hystérie russophobe et des incitations à la haine et à l’hostilité contre la Russie », a affirmé la diplomatie russe.

Moscou ajoute qu’un représentant par intérim de Kiev a été convoqué au ministère russe des Affaires étrangères, où il lui a été adressé « une vive protestation » et exigé que l’Ukraine assure la sécurité du personnel diplomatique russe. Cet incident intervient en pleines tensions entre l’Ukraine et la Russie, accusée par les Occidentaux de masser des troupes à la frontière ukrainienne en vue d’une possible intervention militaire. Le Kremlin dément fermement toute volonté belliqueuse.

« Poutine veut détruire l’Ukraine », accuse Kiev

Les relations entre Kiev et Moscou sont déjà exécrables depuis l’annexion en 2014 par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée et le début d’une guerre entre les troupes ukrainiennes et des séparatistes pro-russes.

Le président russe Vladimir « Poutine veut détruire l’Ukraine » et « rétablir l’URSS », dénonce auprès de l’AFP le secrétaire du Conseil de sécurité national ukrainien Oleksiy Danilov en plein pic de tensions avec Moscou, assurant que ce projet est voué à l’échec. Depuis plus d’un mois, l’Occident accuse la Russie d’avoir massé environ 100.000 soldats à la frontière ukrainienne en vue d’une intervention militaire et multiplie les avertissements au Kremlin, qui nie toute intention belliqueuse.

Alors que les Occidentaux ont menacé Moscou de nouvelles mesures punitives en cas d’attaque, Kiev réclame de son côté des sanctions préventives et plus d’armes. « Nous fournir des armes pour qu’on se défende est la question numéro un. Pas des promesses et des sanctions éphémères », a tonné Danilov. « Quand notre pays sera détruit, contre qui allez-vous imposer des sanctions ? »

Le responsable a mis en garde les Occidentaux contre tout arrangement avec le Kremlin à l’approche des négociations, en janvier, entre Moscou et Washington sur des exigences sécuritaires du Kremlin, qui demande notamment que Kiev ne rejoigne jamais l’Otan. D’après lui, les Ukrainiens n’accepteront jamais des accords conclus « derrière le dos ». « Nous ne sommes pas la Russie », souligne-t-il. « De soi-disant grands dirigeants ne peuvent nous faire plier et décider à notre place. »