Conflit en Ukraine : Vladimir Poutine promet une réponse « militaire et technique » en cas de menaces occidentales

DIPLOMATIE La Russie lorgne l’Ukraine, et compte bien qu’on la laisse tranquille

J.-L.D. avec AFP
— 
Vladimir Poutine menace l'Ukraine de plus en plus directement
Vladimir Poutine menace l'Ukraine de plus en plus directement — Mikhail Tereshchenko / SPUTNIK / AFP

Le président russe Vladimir Poutine a promis ce mardi une réponse « militaire et technique » si ses rivaux occidentaux ne mettent pas fin à leur politique jugée menaçante, sur fond de tensions croissantes autour de  l’Ukraine. « En cas de maintien de la ligne très clairement agressive de nos collègues occidentaux, nous allons prendre des mesures militaires et techniques adéquates de représailles », a-t-il déclaré lors d’une intervention devant les cadres de l’armée russe et du ministère de la Défense.

Pour le chef du Kremlin,  les Etats-Unis et l’Otan renforcent leur présence aux frontières  russes en armant l’Ukraine, en la soutenant politiquement, en y menant des manœuvres et en déployant des forces en mer Noire. « On est sur le pas de notre porte, nous ne pouvons pas reculer », a lancé Vladimir Poutine.

Extension de l’OTAN or not extension ?

Les Occidentaux accusent au contraire Moscou de velléités agressives, soulignant que l’armée russe a massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière avec l’Ukraine, pays dont la Russie a déjà annexé une partie du territoire.

Le dirigeant russe a réclamé une fois encore que Washington et l’Otan donnent à la Russie des garanties en signant des traités interdisant tout élargissement futur de l’Alliance atlantique. Il avait déjà présenté cette revendication au président américain Joe Biden lors d’un entretien vidéo début décembre.

Deux traités pour une désescalade

Vladimir Poutine a assuré ne pas vouloir d’un « conflit armé, d’une effusion de sang » et préférer une « solution politico-diplomatique ». Mais il a également jugé que même si les Américains cédaient à ses demandes, la méfiance resterait de mise : « On ne peut croire en aucune garantie juridique, car les Etats-Unis sortent des accords internationaux qui ne les intéressent plus. »

La Russie a présenté la semaine passée deux traités, l’un destiné aux Etats-Unis et l’autre à l’Otan, résumant ses exigences pour une désescalade des tensions autour de l’Ukraine. Ces textes ont été jugés inacceptables par plusieurs membres de l’Alliance car ils interdisent l’élargissement de l’Otan et limitent les déploiements et la coopération militaire occidentale en Europe de l’Est et en ex-URSS, sans imposer de mesures similaires à la Russie. Néanmoins, Washington a dit être ouvert à des discussions, mais doit encore détailler sa réponse.

Que des sanctions économiques en cas d’invasion de l’Ukraine

Parallèlement, les Etats-Unis et l’Europe ont menacé la Russie de sanctions économiques sans pareil en cas d’agression militaire de l’Ukraine. Américains et Européens ont cependant clairement laissé entendre qu’ils n’enverront pas de troupes pour défendre Kiev. Ces menaces de sanctions ont donc été accueillies à Moscou par un haussement d’épaules, d’autant qu’aucune mesure de rétorsion occidentale n’a jamais amené le Kremlin à changer de ligne politique.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est lui offusqué mardi de la réticence occidentale à fixer un calendrier clair pour l’adhésion de Kiev à l’Otan et à l’Union européenne. « Nous ne pouvons pas accepter l’idée (…) d’une (adhésion à) l’UE dans 30 ans et (à) l’Otan, dans une cinquantaine d’années », a-t-il dit.

Promesses violées

Pour l’Ukraine, entrer dans ces alliances est essentiel à sa survie face aux ambitions russes. En réplique à une révolution pro-occidentale, Moscou a déjà annexé la Crimée en 2014, tout en étant largement considéré, malgré ses dénégations, comme le parrain des séparatistes pro-russes en guerre avec Kiev depuis bientôt huit ans.

Enfin, le Kremlin juge les Occidentaux responsables de la rupture de confiance entre les deux camps, l’Otan ayant été élargie à des pays d’Europe orientale et d’ex-URSS à partir des années 1990, en violation, selon Moscou, de promesses faites après la chute de l’Union soviétique.