Affaire Epstein : Ghislaine Maxwell était « une prédatrice sophistiquée », plaide l’accusation avant les délibérations

JUSTICE Jugée pour trafic sexuel, l'ex-compagne de Jeffrey Epstein risque jusqu'à 80 ans de réclusion

P.B. avec AFP
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Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell à Saint-Tropez.
Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell à Saint-Tropez. — US Attorney SDNY

Qui est vraiment Ghislaine Maxwell ? Une « prédatrice sophistiquée », qui a ciblé « des jeunes filles vulnérables » pour assouvir les plaisirs sexuels de son ex-compagnon Jeffrey Epstein ? Ou une « femme passée par Oxford », qui sert de « bouc émissaire » à la justice américaine après le suicide d’Epstein ? Lors des plaidoiries finales, lundi, l’accusation et la défense ont présenté deux versions diamétralement opposées au jury, qui devait se retirer en fin de journée pour commencer de délibérer. Inculpée de six charges, notamment de « trafic sexuel » de mineures, la fille de Robert Maxwell risque jusqu’à 80 ans de réclusion.

C’est l’accusation qui a tiré en premier. « Il est temps qu’elle rende des comptes », a lancé la procureure Alison Moe lors de son réquisitoire, au dernier jour d’un procès de trois semaines. Selon la procureure, Ghislaine Maxwell était « la clé » du système mis en place par Jeffrey Epstein pour recruter de jeunes filles qu’il abusait sexuellement. « Ils menaient ensemble leurs méfaits », a lancé la procureure au jury. « A l’abri des regards, (…) ils commettaient des crimes horribles. »

Des « jeunes filles vulnérables »

Pour l’accusation, Ghislaine Maxwell a ciblé « des jeunes filles vulnérables » : une adolescente dont le père était décédé, une autre à la mère alcoolique. L’une d’elles, connue sous le pseudonyme « Jane », a détaillé comment cette figure franco-britannique de la jet-set l’avait recrutée à un camp de vacances et l’avait fait se sentir « spéciale ». « Jane » a également raconté comment les rencontres et les actes sexuels avec Jeffrey Epstein étaient devenus une routine, avec la présence parfois de Ghislaine Maxwell. Une autre témoin, « Carolyn », a déclaré qu’elle était habituellement payée 300 dollars après chaque rencontre sexuelle avec Jeffrey Epstein, et que souvent Ghislaine Maxwell donnait l’argent elle-même.

Selon la procureure, Ghislaine Maxwell n’a pas uniquement joué le rôle de « rabatteuse ». Elle a aussi « participé aux abus ». Deux accusatrices affirment notamment qu’elle leur a touché les seins lors de massages à caractère sexuel. Le majordome d’Epstein, Juan Alessi, a, lui, témoigné qu’il avait à plusieurs reprises « nettoyé » un sex-toy après des massages, et qu’il rangeait ce dernier dans un panier de la salle de bains de Ghislaine Maxwell.

« Bouc émissaire »

Pour la défense, Ghislaine Maxwell est un « bouc émissaire », qui porte le chapeau pour Epstein en son absence. L’une de ses avocates, Laura Menninger, a répété que certains témoignages des quatre accusatrices avaient changé au cours du temps. Une des femmes, notamment, n’avait pas mentionné le nom de la Britannique dans sa première déposition il y a dix ans. L’avocate a rappelé que les accusatrices avaient touché « des millions » de dollars du fonds d’indemnisation mis en place pour la justice au civil. Et de conclure : « Ghislaine Maxwell est jugée pour avoir eu une relation avec Jeffrey Epstein. C’est peut-être l’une des pires erreurs de sa vie. Mais ce n’est pas un crime. Vous devez l’acquitter. »

Avec le début des délibérations attendu lundi, Ghislaine Maxwell pourrait désormais connaître son sort avant le 25 décembre, jour de son 60e anniversaire. Si le jury ne parvient pas à un verdict d’ici mercredi soir, ils se sépareront pour le week-end de Noël avant de se réunir à nouveau lundi 27 décembre.