L'europe reste discrète aux européennes

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Comment va l'Europe ? A quelques semaines des élections européennes du 7 juin, et dans un contexte de crise mondiale, la Fondation Schuman livre son nouveau rapport, L'Etat de l'Union 2009 (éd. Lignes de repères, 19 euros). Une chose est sûre, selon le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Bruno Lemaire, présent hier pour la présentation de l'ouvrage à Paris : « L'Europe doit changer. « Plus que jamais nécessaire face à la crise économique et sociale », elle a toutefois « besoin d'une ligne directrice claire ». Deux visions antagonistes de l'Europe s'affrontent dans l'UE, a-t-il expliqué : celle d'une « zone de libre-échange avec moins de règles et moins d'institutions » et celle, soutenue par la France et l'Allemagne, d'une Europe « construite sur des institutions fortes, avec une volonté politique ». Bruno Lemaire souhaite que les élections européennes soient l'occasion de trancher. Encore faut-il que les Français s'y intéressent. La participation s'annonce minime. « Il nous reste quelques semaines pour convaincre d'aller voter », s'est défendu le secrétaire d'Etat. S'il y parvient, un autre défi l'attend : dépasser les enjeux nationaux. Le PS a appelé à un « vote sanction » contre le gouvernement. « Cela ne fait pas honneur au PS », a réagi hier Bruno Lemaire. Lequel tentera de « montrer l'enjeu européen » du scrutin. Ce n'est pas gagné, à en croire Thierry Chopin, codirecteur du rapport : « Il y a un manque d'intérêt politique des partis. Les clivages au niveau européen, véritables, ne sont pas visibles au niveau national. » Selon lui, le manque d'intérêt des Français pour le scrutin reflète finalement celui des partis. ■ F. Vincent