Nombre record de 488 journalistes emprisonnés dans le monde en 2021, selon RSF

LIBERTE DE LA PRESSE Jamais depuis 1995 le nombre de journalistes emprisonnés dans le monde n’avait été aussi élevé

20 Minutes avec agences
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RSF a recensé 488 journalistes emprisonnés dans le monde. (Illustration)
RSF a recensé 488 journalistes emprisonnés dans le monde. (Illustration) — ANSOTTE/ISOPIX/SIPA

Un nombre record de 488 journalistes sont emprisonnés dans le monde, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières. « Jamais depuis la création du bilan annuel de RSF en 1995 le nombre de journalistes emprisonnés n’avait été aussi élevé », constate l’ONG de défense de la liberté de la presse, dans un communiqué publié ce jeudi.

Le nombre de journalistes tués s’élève à 46 en 2021, un niveau au plus bas depuis vingt ans.


127 journalistes détenus en Chine

La hausse exceptionnelle des journalistes emprisonnés, de l’ordre de 20 % en un an, « est principalement le fait de trois pays ». Il s’agit de la Birmanie, du Bélarus et de la Chine, dont la loi de sécurité nationale imposée en 2020 à Hong Kong a provoqué une augmentation en flèche des détentions de journalistes dans ce territoire, pointe RSF.

Les cinq pays où le plus grand nombre de journalistes étaient détenus au 1er décembre sont la Chine (127), la Birmanie (53), le Vietnam (43), le Bélarus (32) et l’Arabie saoudite (31). « Jamais non plus RSF n’avait recensé autant de femmes journalistes détenues », au total 60, soit un tiers de plus qu’en 2020, déplore l’association.

Le Mexique et l’Afghanistan pays les plus dangereux

Le nombre de journalistes et professionnels des médias tués, avec 46 morts, a atteint son niveau le plus bas en vingt ans, constate par ailleurs l’organisme. « Cette tendance à la baisse, qui s’est accentuée depuis 2016, s’explique notamment par l’évolution des conflits régionaux (Syrie, Irak et Yémen) et la stabilisation des fronts après les années 2012 et 2016, particulièrement meurtrières », analyse RSF, qui explique que « 65 % des tués sont sciemment ciblés et éliminés ».

Mexique et l’Afghanistan demeurent cette année les deux pays les plus dangereux pour les journalistes, avec respectivement 7 et 6 journalistes tués, suivis du Yémen et de l’Inde en troisième place, avec 4 morts chacun. RSF comptabilise aussi au moins 65 journalistes et collaborateurs de médias retenus en otage « dans trois pays du Moyen-Orient : Syrie (44 journalistes), Irak (11) et Yémen (9) », sauf le journaliste français Olivier Dubois, retenu depuis avril au Mali.