Etats-Unis : Le Congrès relève le plafond de la dette et évite un défaut de paiement

COUP DE CHAUD Cette procédure est d’ordinaire une formalité, mais les républicains s’y sont cette fois fortement opposés

20 Minutes avec AFP
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Les discussions se sont prolongées jusque tard dans la soirée au Congrès.
Les discussions se sont prolongées jusque tard dans la soirée au Congrès. — Graeme Sloan/Sipa USA/SIPA

La catastrophe est passée tout près. Aux Etats-Unis, le montant maximum de l’endettement de l’Etat fédéral, le fameux « plafond » de la dette, devait à tout prix être relevé le 15 décembre au plus tard, sans quoi l’Amérique n’était plus en mesure d’honorer ses paiements à ses créanciers et devait commencer à sabrer dans ses dépenses. Avec un seul soutien républicain, les élus démocrates au Sénat puis à la Chambre ont approuvé peu après minuit ce mercredi un projet de loi qui permettra aux Etats-Unis d’honorer leurs paiements jusqu’à début 2023. La menace d’un défaut de paiement de la première puissance économique mondiale est donc écartée.

Cette situation sans précédent aurait plongé dans l’inconnu la finance et l’économie américaines mais également, par ricochet, internationales. Au risque de provoquer une récession. « Le peuple américain peut souffler : il n’y aura pas de défaut de paiement », s’est félicité le chef de la majorité au Sénat, Chuck Schumer. Le texte approuvé mardi dans les deux chambres du Congrès, fruit de plusieurs jours de négociations, a été dévoilé seulement quelques heures avant son adoption par les élus du Congrès. Il prévoit de relever la limite d’endettement du pays à un peu plus de 31.000 milliards de dollars. Il ne reste plus à Joe Biden que de promulguer le texte.

Un plan social et écologique avant Noël ?

Relever la capacité d’endettement des Etats-Unis est d’ordinaire une formalité, mais cette procédure avait fait l’objet de tractations très difficiles au Congrès ces derniers mois, les républicains jugeant que cela reviendrait à donner un chèque en blanc au président américain, au moment même où ils l’accusent de contribuer à une inflation galopante. « Les dépenses effrénées des démocrates ont déjà conduit à une inflation historique, qui équivaut à une taxe pour tous les Américains », a dénoncé l’élue républicaine Elise Stefanik pour justifier son opposition à la mesure.

Et aux démocrates de rétorquer que relever la limite d’endettement sert à rembourser des sommes déjà empruntées, dont des milliers de milliards de dollars dépensés sous la présidence Trump. L’opposition républicaine leur a finalement permis d’employer une procédure parlementaire complexe, grâce à laquelle les démocrates n’ont eu besoin que de leurs voix pour relever le « plafond » de la dette.

L’adoption de ce nouveau niveau maximum d’endettement est un énorme soulagement pour Joe Biden, qui affronte en parallèle d’autres périls au Congrès : son gigantesque volet social et écologique de 1.750 milliards de dollars, sur lequel il parie pour « reconstruire l’Amérique en mieux » et sauver sa cote de popularité, reste depuis des mois dans les limbes parlementaires. Le chef du Sénat lui promet de passer ce plan, qui fait encore l’objet d’intenses négociations, avant Noël, ce qui promet de prochaines tractations houleuses sur la colline du Capitole.