Mali : Les soldats français de Barkhane rétrocèdent le camp de Tombouctou à l’armée malienne

SYMBOLE La France poursuit son désengagement militaire au Mali. Les effectifs français au Sahel vont ainsi passer d’environ 5.000 militaires à l’été 2021 à environ 3.000 à l’été 2022

20 Minutes avec AFP
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Mali: Les soldats français de Barkhane rétrocèdent le camp de Tombouctou — 20 Minutes

C’est une ville particulièrement symbolique pour l’opération militaire française au Mali. C’est en effet à Tombouctou que le président François Hollande avait officialisé le début de l’intervention française le 2 février 2013. Mais après presque neuf ans de présence ininterrompue dans cette emprise du nord du pays, la force antidjihadiste Barkhane a rendu mardi le camp de Tombouctou à l’armée malienne.

Le drapeau français a été ramené et le drapeau malien hissé à sa place sur la base, devant un petit comité de soldats français et maliens et d’autorités locales et onusiennes. Le général français Etienne du Peyroux, chef de l’opération Barkhane au Mali, a échangé une franche poignée de mains avec le nouveau commandant malien du camp. Il lui a symboliquement offert une large clé en bois, sous le vol à basse altitude d’un avion militaire français.

Réduction des effectifs français au Sahel

Environ 150 soldats français restaient présents à Tombouctou. « C’est une page qui se tourne. Mais la mission continue. Mes soldats et moi allons continuer notre mission au Mali », a déclaré le capitaine Florian, qui commandait la base avant la passation. La France « sera présente autrement », a pour sa part affirmé le général du Peyroux, ajoutant que « c’est finalement le but de l’opération Barkhane : de permettre au Mali de prendre son destin en main (…) mais toujours avec du partenariat ».

Le départ définitif des soldats français représente un tournant. Après Kidal et Tessalit, Barkhane achève son désengagement d’une partie du nord du Mali, conformément à la réorganisation du dispositif annoncée en juin, qui va de pair avec une réduction graduelle des effectifs au Sahel. Toutefois, le bilan de la mission française dans le pays est mitigé. Les groupes djihadistes se sont propagés et regroupés sous la coupe des nébuleuses mondiales Al-Qaida et l’organisation du groupe Etat islamique. Ils ont étendu leur influence aux Niger et Burkina Faso voisins. Leur présence, selon un rapport du think-tank International Crisis Group, est « hégémonique » dans de larges territoires du nord et du centre du Mali.

Impliquer l’Union européenne

Entre Tombouctou, Kidal et Tessalit, ce sont 425 soldats français qui ont été désengagés des trois bases. Les effectifs français au Sahel vont passer « d’environ 5.000 militaires à l’été 2021 » à « environ 3.000 à l’été 2022 », selon le général Laurent Michon, commandant de Barkhane. De nouvelles réductions auront lieu d’ici 2023.

La France tente ainsi de réinventer son engagement dans la région, mettant l’accent sur une internationalisation de l’effort militaire en impliquant davantage ses alliés européens. Elle mise aussi sur la montée en puissance des armées locales, qui restent sous-équipées et sous-formées malgré huit ans d’entraînement prodigué par les partenaires internationaux. A côté du désormais ex-camp français de Tombouctou est ainsi installé un large camp de l’ONU avec plusieurs milliers de Casques bleus. Une base aérienne malienne doit en outre remplacer l’emprise française.