Sahel : Les militaires français ne seront plus que 3.000 mi-2022

BARKHANE Quelque 5.000 soldats français sont actuellement déployés au Sahel

J.-L.D. avec AFP
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Militaire français au Sahel, illustration
Militaire français au Sahel, illustration — Thomas COEX / AFP

La France aura réduit d’ici six mois son contingent au Sahel à 3.000 hommes, contre plus de 5.000 il y a quelques semaines, dans le cadre d’une vaste réorganisation de son dispositif  militaire, dévoile le commandant de l’opération antidjihadiste  Barkhane, le général Laurent Michon. La première phase, le désengagement de l’extrême nord malien (Tombouctou, Kidal, Tessalit), est en train de se terminer. Sur ces sites, le rapport de force militaire reste inchangé car les forces françaises ont été relevées par les forces maliennes (Fama).

La deuxième phase va débuter au prochain semestre : il s’agira de réarticuler à la fois le commandement et les forces, essentiellement au Mali. Et la transformation ne s’arrêtera pas là : « Il y aura beaucoup moins de forces conventionnelles et plus de forces spéciales dédiées au partenariat de combat, réunies au sein de la force européenne Takuba. Aujourd’hui, elle compte quasiment 900 hommes et les Européens continuent de frapper à la porte. C’est un succès politique pour le Sahel et le Mali de voir ces Européens s’engager à nos côtés », décrit Laurent Michon.

Des menaces contre lesquelles s’adapter

L’EIGS (Etat islamique au grand Sahara) est en recomposition après l’élimination de certains chefs, et une hiérarchie doit être reconstruite. « C’est du temps gagné pour les forces maliennes et nigériennes. On peut espérer qu’il ne se recompose pas aussi facilement que cela même si je suis persuadé qu’il y arrivera. Le risque dans cette phase, c’est encore plus de violence de la part de ces petits chefs », note Laurent Michon.

Pour le général, c’est le JNIM (nébuleuse djihadiste affiliée à Al-Qaida) qui constitue la plus grande menace, « capable d’imposer une solution acceptable pour les populations dans le centre du Mali » et durablement enraciné. « C’est bien cette contagion, combinée aux progrès des forces locales, qui a motivé la décision de transformer Barkhane. C’est un processus assez lent qui peut être entravé, mais ce n’est pas à Barkhane partout de lutter contre cela. C’est aux pays eux-mêmes », conclut le militaire.