Hongrie : Macron se rend chez Orban, « un adversaire politique, mais un partenaire européen »

DIPLOMATIE La France et la Hongrie s’opposent notamment sur le rôle et les valeurs de l’Union européenne. Le nucléaire et la défense européenne rapprochent cependant les deux pays

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron et le Premier ministre hongrois Viktor Orban, à Bruxelles le 22 octobre 2021.
Emmanuel Macron et le Premier ministre hongrois Viktor Orban, à Bruxelles le 22 octobre 2021. — John Thys/AP/SIPA

La Realpolitik est à l’agenda d’Emmanuel Macron ce lundi. Le président va rencontrer à Budapest le Premier ministre hongrois Viktor Orban, son adversaire dans l'  UE côté valeurs mais un allié potentiel sur des sujets comme les investissements, le nucléaire ou la défense européenne.

Ce déplacement, le premier d’un chef d’Etat français depuis 2007, s’effectue dans le cadre d’un sommet des pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie). « C’est un adversaire politique, mais un partenaire européen », a reconnu jeudi Emmanuel Macron, qui boucle ainsi sa tournée des 26 autres capitales de l’Union européenne. « Quelles que soient nos sensibilités politiques, nos choix, nous devons travailler ensemble pour notre Europe ».

La Hongrie conteste la suprématie du droit européen

« Il est très clair que sur le sujet de l’Etat de droit, il y aura des désaccords, mais je pense que sur les sujets de souveraineté, sur le sujet du modèle de croissance et sur des sujets multiples, il peut y avoir aussi une capacité à trouver des compromis utiles », a ajouté le président français. Viktor Orban a pourtant souvent été cité par Emmanuel Macron comme le chef de file d’un camp nationaliste et souverainiste dans l’UE, auquel il oppose celui des europhiles « progressistes ».

Avec la Pologne, la Hongrie a adopté plusieurs lois contestées à Bruxelles, notamment un texte interdisant la représentation de l’homosexualité auprès des moins de 18 ans. Et comme Varsovie, elle conteste la suprématie du droit européen sur le droit national.

La protection des frontières comme terrain d’entente

Mais ces sujets « ne sont pas nécessairement liés » aux accords qui peuvent être trouvés sur la souveraineté numérique, le renforcement de l’Europe de la défense, un budget européen d’investissements ou encore des alliances industrielles, a fait valoir la présidence française. Les deux dirigeants avaient d’ailleurs déjà trouvé des terrains d’entente lorsque Emmanuel Macron avait reçu Viktor Orban en octobre 2019, en particulier sur la protection des frontières et la nécessité d’une défense européenne.

L’Elysée assure cependant que le président français parlera des points de désaccord et n’a « pas l’habitude d’esquiver », alors que la communauté LGBT+ hongroise l’a appelé à évoquer la question lors de sa rencontre avec Viktor Orban, dans une lettre ouverte au magazine français Têtu.

A la rencontre de l’opposition

Dès son arrivée à Budapest prévue à 11h30, Emmanuel Macron ira d’ailleurs se recueillir sur la tombe de la philosophe Agnes Heller, décédée en 2019, une figure de l’opposition qu’il avait reçue à Paris en 2018. Il rencontrera en outre Gergely Karacsony, le maire de Budapest, ainsi que d’autres représentants des partis anti-Orban dont Peter Marki-Zay, candidat unique de l’opposition qui espère aux législatives d’avril 2022 renverser le Premier ministre hongrois, au pouvoir depuis 2010.