Coronavirus : La Suisse entend imposer des restrictions supplémentaires aux non-vaccinés

EPIDEMIE Face à la nouvelle vague d'infections, la Suisse a pour l'instant récemment élargi le port du masque, tout comme l'obligation du pass sanitaire

20 Minutes avec AFP
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Un centre de vaccination en Suisse, à Génève.
Un centre de vaccination en Suisse, à Génève. — GENEVE GENEVA GENF

Face à la multiplication des cas de Covid-19 et une situation épidémiologique qualifiée de « très critique » et à l’évolution « défavorable », le gouvernement  suisse a proposé, ce vendredi, toute une série de restrictions pour  les non-vaccinés.

« On est dans une phase extrêmement critique de la pandémie. Les cas augmentent mais les hospitalisations aussi », a déclaré le ministre de la Santé, Alain Berset, en conférence de presse.

Plusieurs scénarios envisagés

« Il y a un mois, la situation était totalement différente, mais malheureusement il y a une situation d’incertitude telle que nous devons nous adapter. Je ne pensais pas que nous allions, à la mi-décembre, nous retrouver avec une telle pression », a-t-il dit, pour justifier les mesures envisagées. Comme le prévoit le fonctionnement de la Confédération, ces mesures sont soumises à la consultation jusqu’au 14 décembre auprès des cantons et des milieux intéressés afin de connaître leurs positions. Le Conseil fédéral (gouvernement) a mis sur pied deux options. La première prévoit, pour les espaces intérieurs, l’introduction de la règle dite des « 2G » (en allemand « geimpft oder genesen », ou accès aux seules personnes vaccinées ou guéries) avec obligation de porter le masque et de consommer assis.

L’accès aux établissements culturels et aux installations de sport et de loisirs ainsi qu’aux manifestations serait réservé aux personnes vaccinées ou guéries. Un test négatif serait en outre nécessaire (règle des 2G +) lorsqu’il n’est pas possible de porter le masque ou de consommer assis, comme dans les discothèques, les bars et pour certaines activités de loisirs. La seconde variante prévoit de fermer les endroits où il n’est pas possible de porter le masque, notamment les espaces intérieurs des restaurants, les salles de sport, les discothèques et les bars.

Le pic épidémique fin janvier

Dans les deux cas, les mesures de base sont renforcées avec le travail à domicile obligatoire, la limitation des rencontres privées par exemple, et la réintroduction de l’enseignement à distance dans les universités. Comme les autres pays de la région, la Suisse, qui compte quelque 8,6 millions d’habitants, fait face à une hausse des infections ces dernières semaines. Le pays a enregistré 11.340 morts du Covid-19 depuis le début de la pandémie. Seulement 66,30 % de la population est entièrement vaccinée, un taux relativement bas par rapport aux autres pays d’Europe de l’Ouest.

Notre dossier sur la Suisse

Face à la nouvelle vague d’infections, la Suisse a pour l’instant récemment élargi le port du masque, tout comme l’obligation du pass sanitaire. Le nombre d’infections avec le variant Delta, qui prédomine actuellement, est très élevé et la charge qui pèse sur les unités de soins intensifs a fortement augmenté. Selon les estimations des experts gouvernementaux, un premier palier critique en soins intensifs pourrait être atteint mi-décembre. Les autorités estiment par ailleurs que les cas du nouveau variant fortement contagieux Omicron devraient se multiplier en Suisse ces prochaines semaines et que cette souche du virus pourrait devenir, selon son degré de contagiosité, prédominante dès la mi ou la fin janvier.