Des catholiques américains en croisade contre Obama

SOCIETE Ils s'opposent farouchement à la venue du président, pro-avortement, à l'Université de Notre Dame...

Philippe Berry

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Le cardinal américain Daniel DiNardo
Le cardinal américain Daniel DiNardo — Archidiocese of Galveston-Houston
De notre correspondant à Los Angeles 


La cérémonie de remise des diplômes (graduation), aux Etats-Unis, c’est sacré. Outre le traditionnel lancé de chapeau, elle est l’occasion d’un discours, le commencement speech, en général métaphore de l’oiseau quittant le nid, prêt à conquérir le monde en portant fièrement les couleurs de son établissement et en respectant ses valeurs. Comme ses prédécesseurs avant lui, Obama s’y colle cette année dans quelques universités, dont celle de Notre-Dame.

 

Fondée en 1842 par le prêtre missionnaire français Edouard Sorin, Notre Dame est l’une des universités privées catholiques les plus prestigieuses des Etats-Unis. Depuis une semaine, la venue d’Obama, prévue mi-mai, alimente la polémique.

 
Fronde des évêques
 

Dans une lettre publiée dans un journal étudiant de l’université, 10 prêtres de la Congrégation de la Croix sacrée, ordre fondateur de l’établissement, demandent aux dirigeants de reconsidérer leur décision, estimant que Notre Dame y joue «son âme». Depuis, ils ont été rejoints par plusieurs évêques, un cardinal et plus de 250.000 Américains signataires d’une pétition en ligne contre la venue d’Obama.

 

Que reprochent-ils au nouveau président? Ses positions libérales, notamment sur l’avortement. «L’inestimable valeur d’un individu dès sa conception est l’un des principes qui lient les catholiques. Le président a été clair dans son soutien à l’avortement. Les évêques américains ont publié un document invitant les établissements catholiques à ne pas honorer ceux qui ne protègent pas la vie des enfants à naître», écrit le cardinal DiNardo. Car si le discours passe mal, cela bloque encore plus sur le diplôme honorifique que devrait recevoir Obama.

 

Malgré la polémique, les promesses de manifestations et les appels à la démission de son directeur, l’université indique maintenir ses plans.

 
Débat dans les médias
 

En octobre dernier, Newsweek publiait un article passionnant sur le paradoxe des catholiques radicaux soutenant Obama. Cette semaine, les plateaux télé ont donné lieu à de belles empoignades. Ci-dessous, le conservateur Pat Buchanan (plusieurs fois candidat à l’investiture républicaine) face au commentateur Mike Barnicle.

 
 

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Pour Buchanan, l’avortement est «maléfique» et Obama n’a pas sa place sur la scène de Notre Dame. «Il n’y a pas eu de polémique lors de la venue de Bush en 2001. Il a pourtant autorisé plus d’exécutions comme gouverneur du Texas que quiconque, alors que l’Eglise catholique américaine est opposée à la peine de mort», réplique son contradicteur. «Ces hommes étaient des criminels, pas des enfants innocents. Et Bush ne les a pas exécutés directement», rétorque Buchanan. La réplique claque: «Combien d’avortement Obama a-t-il réalisés?» Touché