États-Unis : Une policière jugée pour avoir tué un homme noir en confondant son Taser et son arme

JUSTICE Sur un enregistrement de la scène, on entend la policière crier « Taser » à plusieurs reprises, avant de tirer avec son arme de service

20 Minutes avec agences
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Kim Potter avait abattu Daunte Wright le 11 avril 2021.
Kim Potter avait abattu Daunte Wright le 11 avril 2021. — Christian Monterrosa/AP/SIPA

Croyant utiliser son Taser, elle avait abattu un jeune Afro-Américain avec son arme de service. Le procès d’une policière blanche a débuté ce mercredi à Minneapolis, où ce drame a rouvert les plaies du  meurtre de George Floyd.

Kim Potter, 49 ans, est jugée pour homicide involontaire. Les faits remontent au 11 avril 2021. Cette agente chevronnée avait alors tué Daunte Wright, 20 ans, à Brooklyn Center, dans la banlieue de cette grande ville du nord des Etats-Unis.

Un drame survenu pendant le procès du meurtre de George Floyd

Le drame avait connu un fort retentissement car il était survenu pendant le procès du policier blanc Derek Chauvin qui, en mai 2020 à Minneapolis, a asphyxié George Floyd, un homme noir de 46 ans. Le calvaire du quadragénaire avait initié d’immenses manifestations antiracistes dans le monde entier.

Près d’un an plus tard, la mort de Daunte Wright avait ravivé les tensions à Minneapolis et des manifestations émaillées de violences avaient eu lieu plusieurs soirs de suite. L'arrestation de Kim Potter avait ramené le calme, mais la ville était restée à cran jusqu’à la condamnation de Derek Chauvin à 22 ans de prison.

Le procès de la policière se tient dans l’ombre de ce précédent historique : il se déroule dans le même tribunal, avec les mêmes procureurs et certains avocats communs. Après dix jours consacrés à la sélection du jury, qui ne compte qu’une seule personne noire, les débats ont commencé par la présentation des grandes lignes de l’accusation et de la défense.

Elle crie « Taser » à plusieurs reprises

Les faits ne sont pas contestés : Kim Potter et deux collègues avaient arrêté la voiture de Daunte Wright pour un banal contrôle routier. Après avoir réalisé qu’il était visé par un mandat d’arrêt pour une infraction sur les armes, ils avaient décidé de l’interpeller. Le jeune homme, qui n’était pas armé, avait tenté de fuir. Pour l’en dissuader, Kim Potter avait dégainé ce qu’elle pensait être son pistolet électrique. Sur un enregistrement de la scène, on l’entend crier « Taser » à plusieurs reprises, avant de tirer.

« Elle n’est pas poursuivie pour homicide volontaire », a relevé d’emblée la procureure Erin Eldridge, mais il ne s’agit pas non plus « d’une erreur malheureuse ». « Ce dossier porte sur la manipulation imprudente d’une arme, sur la négligence du risque » par une policière avec 26 ans d’expérience, a-t-elle asséné.

« C’était un accident. C’est un être humain »

Kim Potter « a fait ce qu’elle avait à faire pour protéger un collègue » qui risquait d’être emporté par la voiture de Daunte Wright, a rétorqué son avocat Paul Engh. Sous l’effet « du stress », « elle a fait une erreur, c’était un accident. C’est un être humain », a-t-il ajouté, en la comparant à un chirurgien qui, après 100 opérations, peut encore se tromper.

La policière devrait être appelée à la barre des témoins dans quelques jours. Le verdict est attendu d’ici la fin de l’année.