Bouteflika réélu avec plus de 90% des voix

ALGERIE Il s'agit de son 3e mandat de président...

Avec agence

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La campagne électorale pour l'élection présidentielle du 9 avril en Algérie s'est ouverte jeudi, et son principal enjeu sera de convaincre les électeurs d'aller voter en masse, pour asseoir la légitimité du chef de l'Etat sortant Abdelaziz Bouteflika, certain d'être réélu.
La campagne électorale pour l'élection présidentielle du 9 avril en Algérie s'est ouverte jeudi, et son principal enjeu sera de convaincre les électeurs d'aller voter en masse, pour asseoir la légitimité du chef de l'Etat sortant Abdelaziz Bouteflika, certain d'être réélu. — Str AFP/Archives
Le chef de l'Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, 72 ans, a été réélu à la présidence pour un troisième mandat avec 90,24% des voix à l'issue du scrutin de jeudi, dont le taux de participation a atteint 74,54%, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni. «Abdelaziz Bouteflika a obtenu 12.911.707 voix», a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse.

La France a félicité le Président réélu pour sa victoire en refusant de faire un commentaire sur les chiffres de participation et de résultats. «La France présente ses félicitations au chef de l'Etat et lui adresse ses voeux de plein succès dans ses hautes fonctions pour son nouveau mandat», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier. Nicolas Sarkozy a, par ailleurs, adressé ses «chaleureuses et amicales félicitations» à Bouteflika.


Une opposition loin derrière

Louisa Hanoune, présidente du Parti des travailleurs (PT, trotskiste), arrive en deuxième position avec 4,22% des suffrages, a-t-il ajouté. Viennent ensuite Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA, nationaliste) avec 2,31%, Djahid Younsi (El Islah, islamiste modéré) avec 1,37%, Ali Fawzi Rebaïne (AHD-54, nationaliste) avec 0,93% et Mohamed Saïd (Parti de la Justice et liberté, PJL, islamique modéré) crédité de 0,92%. Ces résultats sont donnés «sous réserve de leur confirmation par le Conseil constitutionnel», a précisé le ministre de l'Intérieur.

>> A lire également: l'interview de l'auteur Waciny Laredj, ici

La victoire écrasante sous forme de plébiscite d'Abdelaziz Bouteflika, élu en 1999 puis réélu en 2004 avec 84,99% des voix, ne faisait plus aucun doute dès jeudi soir lorsque Yazid Zerhouni a annoncé le chiffre officiel de 74,11% comme taux de participation, dépassant largement celui de 2004 (58,07%). Elle était même prévisible dès le 12 novembre 2008 avec une révision de la constitution qui a permis au président sortant de se représenter, en supprimant la limitation à deux du nombre de mandats successifs. Mais les six candidats à cette présidentielle, hantés par une possible abstention massive, ont tous axé leur campagne électorale sur la nécessité impérieuse pour les Algériens de voter, afin de légitimer le scrutin que les opposants traditionnels, le jugeant «gagné d'avance», ont boycotté.

Un Président aux mains libres

Abdelaziz Bouteflika a aujourd'hui les mains libres pour poursuivre sa politique économique et de réconciliation nationale. Il a promis durant sa campagne un nouveau plan de développement de 150 milliards de dollars pour des grands travaux et la création de petites entreprise, trois millions d'emplois et la construction d'un million de logements durant son quinquennat.

Le Président réélu a aussi évoqué durant sa campagne un référendum sur une «éventuelle» amnistie générale en faveur des islamistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) encore en activité. Cette amnistie viendrait conforter la politique de réconciliation nationale mise en place en 2000. Cette politique a permis à des milliers d'islamistes de se rendre après une décennie de violences qui ont fait au moins 150.000 morts.