Tensions France-Algérie : Jean-Yves Le Drian à Alger mercredi pour « relancer la relation » entre les deux pays

DIPLOMATIE Le chef de la diplomatie française devra notamment apaiser les tensions après les propos d’Emmanuel Macron sur la « rente mémorielle » de la guerre d’Algérie

20 Minutes avec AFP
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Jean-Yves Le Drian lors d'une réunion de l'OTAN.
Jean-Yves Le Drian lors d'une réunion de l'OTAN. — Roman Koksarov/AP/SIPA

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian est en visite ce mercredi à Alger afin de « relancer la relation » franco-algérienne, extrêmement complexe et tendue depuis des mois. Il s’agit d’une « visite de travail, d’évaluation et de relance des relations », a indiqué le Quai d'Orsay. Le déplacement, tenu secret jusqu’au dernier moment, verra Jean-Yves Le Drian rencontrer son homologue algérien Ramtane Lamamra ainsi que le président algérien Abdelmadjid Tebboune, selon cette source.

Cette visite intervient alors que les relations entre les deux pays sont au plus bas depuis des mois. Le président Emmanuel Macron avait déclenché l’ire d’Alger en octobre en accusant, selon des propos rapportés par le quotidien français Le Monde, le système « politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » autour de la guerre d’indépendance et de la France, ancienne puissance coloniale, et alors que Paris a engagé des travaux pour tenter d’apaiser cette question mémorielle en France.

Le nombre de visas sur la table ?

D’après le quotidien, il s’était également interrogé sur l’existence d’une « nation algérienne » avant la colonisation française, suscitant de vives réactions dans la société algérienne. L’Algérie avait alors rappelé son ambassadeur à Paris et interdit le survol de son territoire aux avions militaires français ralliant le Sahel. Le président français a depuis fait part de ses « regrets » devant les réactions engendrées et s’est dit « fortement attaché au développement » de la relation bilatérale.

Paris et Alger s’étaient aussi opposés après l’annonce par la France début octobre de la réduction du nombre de visas accordés à ses ressortissants, pour mettre la pression sur le gouvernement algérien, jugé peu coopératif sur la réadmission des Algériens expulsés de France. Alger avait alors déploré une décision intervenue « sans consultation préalable », qui « comporte l’anomalie rédhibitoire d’avoir fait l’objet d’un tapage médiatique », avant de convoquer l’ambassadeur de France en Algérie. Mi-novembre, Jean-Yves Le Drian avait appelé à une relation « confiante » et un « partenariat ambitieux » avec l’Algérie, au-delà des « blessures » mémorielles qui peuvent « parfois » resurgir. Mais rien ne dit que la question des visas ne sera pas remise sur le tapis.