Allemagne : Après 16 ans comme chancelière, Angela Merkel laisse la place ce mercredi à Olaf Scholz

NOUVELLE HISTOIRE Le Bundestag devrait confier les rênes de la première économie européenne à Olaf Scholz à la tête d’une coalition formée par les sociaux-démocrates, les Verts et les Libéraux

20 Minutes avec AFP
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La chancelière Angela Merkel, à Berlin le 2 décembre 2021.
La chancelière Angela Merkel, à Berlin le 2 décembre 2021. — Odd Andersen/AP/SIPA

Une très longue page de l’histoire de l’Allemagne, mais aussi de l’Europe, va se tourner ce mercredi avec le départ d'Angela Merkel. A Berlin, le Bundestag devrait en effet élire le social-démocrate Olaf Scholz au poste de chancelier, à la tête d’un inédit gouvernement paritaire.

Première femme à diriger l’Allemagne, Angela Merkel sera restée 5.860 jours au pouvoir, à neuf jours du record de longévité de son mentor, Helmut Kohl. Au terme d’un processus très codifié, la dirigeante conservatrice cédera les rênes de la première puissance économique européenne à, sauf surprise, Olaf Scholz, qui aura été tout à la fois un adversaire politique mais aussi son vice-chancelier et ministre des Finances.

Un gouvernement paritaire

Un peu plus de deux mois après avoir remporté le scrutin législatif de fin septembre, Scholz sera élu avec sa coalition inédite de trois partis, formée beaucoup plus vite que prévu, par les sociaux-démocrates du SPD avec les Verts et les Libéraux. Une dernière étape a été franchie lundi avec le feu vert donné, à 86 %, par les écologistes à la participation à la coalition. Les sociaux-démocrates et les libéraux avaient déjà validé au cours du week-end le contrat de gouvernement.

La passation de pouvoirs avec Angela Merkel, qui verra le centre gauche revenir aux commandes du pays pour la première fois depuis Gerhard Schröder, aura lieu dans la foulée du vote. Pour la première fois entrera alors en fonction un gouvernement à parité, avec des femmes désignées à des postes ministériels clés comme les Affaires étrangères, l’Intérieur ou la Défense.

« Un nouveau départ »

Malgré la popularité inentamée d’Angela Merkel après quatre mandats, Olaf Scholz, qui se présente volontiers comme son héritier, entend donner un nouvel élan au pays. « Je veux que les années 2020 soient celles d’un nouveau départ », a-t-il ainsi dit dans l’hebdomadaire Die Zeit, affirmant vouloir mettre en œuvre « la plus grande modernisation industrielle » de l’histoire récente « capable de stopper le changement climatique créé par l’Homme ».

Son gouvernement promet aussi une politique très pro-UE, visant à « accroître la souveraineté stratégique de l’Union européenne » et mieux défendre les « intérêts européens communs ». La future cheffe de la diplomatie, l’écologiste Annalena Baerbock, entend en parallèle adopter une ligne plus dure à l’égard des régimes autoritaires comme la Chine ou la Russie. L’ancien maire de Hambourg devrait en outre réserver, comme ses prédécesseurs, sa première visite à la France.