JO de Pékin 2022 : Après les Etats-Unis, l’Australie annonce à son tour le boycott diplomatique de l’événement

GEOPOLITIQUE Le Premier ministre justifie cette décision par des désaccords avec la Chine, notamment sur le respect des droits humains ou sur la politique d’armement de l’Australie

20 Minutes avec AFP
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Les emblèmes des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2022, à Pékin le 17 novembre 2021.
Les emblèmes des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2022, à Pékin le 17 novembre 2021. — Koki Kataoka/AP/SIPA

Le boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 s’intensifie. Comme les Etats-Unis, l’Australie n’y enverra aucun représentant diplomatique, a déclaré mercredi son Premier ministre. « L' Australie ne reviendra pas sur la position ferme qu’elle a adoptée pour défendre ses intérêts », a également assuré Scott Morrison.

La décision de Canberra intervient dans un contexte de « désaccord » avec la Chine sur un certain nombre de questions, notamment les lois australiennes sur l’ingérence étrangère et la récente décision d’acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire, a précisé le Premier ministre. Ce choix, qui n’empêche pas les athlètes de participer aux Jeux, intervient au lendemain d’une décision similaire des Etats-Unis motivée par la défense des droits de l'Homme.

Scott Morrison a également indiqué que les violations des droits de l’homme dans la région du Xinjiang et la réticence de Pékin à rencontrer des responsables australiens pour des discussions avaient motivé sa décision. « Le gouvernement chinois n’a jamais accepté que nous nous rencontrions pour discuter de ces questions », a-t-il avancé.

Une guerre commerciale

Les tensions, notamment commerciales, entre l’Australie et la Chine n’ont pas cessé de croître depuis 2018, marquées par un gel des relations diplomatiques au plus haut niveau depuis deux ans. La Chine a notamment été irritée par les décisions australiennes concernant l’ingérence étrangère, l’interdiction des contrats 5G à Huawei et la demande d’une enquête indépendante sur les origines de la pandémie de coronavirus.

L’orge, le charbon, le minerai de cuivre, le coton, le foin, les langoustes, le sucre, le vin, le bœuf, les agrumes, les céréales, le raisin, les produits laitiers ou encore les préparations pour nourrissons australiens ont tous fait l’objet de sanctions chinoises. La décision de l’Australie d’équiper sa marine de sous-marins à propulsion nucléaire dans le cadre d’un nouveau pacte de défense avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, largement considérée comme une tentative de contrer l’influence chinoise dans la région du Pacifique, a également suscité l’ire de Pékin.