La crise politique refroidit les relations avec la Roumanie

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Deux hommes d'affaires moldaves, soupçonnés d'avoir organisé les émeutes anticommunistes survenues mardi, ont été arrêtés en Ukraine, a-t-on appris hier. La Moldavie a demandé leur extradition. Trois jours après les émeutes qui ont conduit à l'arrestation de deux cents personnes, le pays est plongé dans une grave crise politique. L'opposition accuse les communistes - au pouvoir depuis 2001 et victorieux aux législatives de dimanche - d'avoir falsifié les élections et d'avoir fomenté les événements survenus mardi à Chisinau, la capitale. Une manifestation avait fini en saccage du Parlement et de la présidence. Les opposants appellent donc l'Union européenne (UE), le Conseil de l'Europe et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe à créer une commission d'évaluation et d'enquête.

De son côté, l'UE exhorte la Moldavie à rétablir des relations normales avec la Roumanie, dont elle a longtemps fait partie. Un conseil qui sera difficilement suivi par les autorités moldaves, qui accusent Bucarest d'avoir provoqué les émeutes. Mercredi, elles ont sommé l'ambassadeur roumain à Chisinau de quitter le pays. La Roumanie a dénoncé « les mesures abusives et discriminatoires » prises contre ses ressortissants. Elle accuse notamment la Moldavie d'avoir adopté un régime de visas sans en avoir averti l'UE. Les jeunes anticommunistes prévoient une nouvelle manifestation aujourd'hui à Chisinau. ■