Téhéran célèbre l'énergie atomique

Armelle Le Goff (avec AFP)

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Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a inauguré hier, à Ispahan, la première usine de fabrication de combustible nucléaire. L'occasion ? La « Journée nationale de l'énergie atomique » que le pays fêtait hier. Ispahan constitue une nouvelle étape dans le programme nucléaire controversé de l'Iran. En effet, les Occidentaux soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de programme civil, ce que démentent les Iraniens.

Avec l'inauguration de cette usine, Téhéran affirme néanmoins maîtriser le cycle de la fabrication de combustible nucléaire. Selon le Président, l'Iran a en outre « testé deux nouveaux types de centrifugeuses [qui servent à enrichir l'uranium] d'une capacité plusieurs fois supérieure à celles existant actuellement ». La République islamique a « installé environ 7 000 centrifugeuses à Natanz, et ce chiffre atteindra les 50 000 durant le programme quinquennal », a renchéri le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. Dans un rapport du 19 février, l'Agence internationale de l'énergie atomique affirmait que l'Iran possédait 3 964 centrifugeuses en activité, 1 476 machines sous test et quelque 125 autres installées mais pas encore en fonctionnement.

Ces annonces interviennent alors que le groupe des Six (Russie, Allemagne, Chine, Etats-Unis, France et Royaume-Uni) a annoncé mercredi qu'il allait adresser à l'Iran une invitation pour discuter de son programme nucléaire. Une initiative à laquelle Téhéran a réagi positivement. En effet, Ahmadinejad a affirmé que « l'Iran cherche toujours un dialogue logique [...] basé sur le respect mutuel et la justice ». Mais il a aussi souligné sa volonté de poursuivre son programme nucléaire, en insistant sur son caractère purement pacifique. D'ailleurs, à Washington, les annonces d'hier concernant les nouvelles capacités de Téhéran ont été accueillies avec flegme. Par le passé, l'Iran a déjà bluffé. ■