Etats-Unis : Un richissime collectionneur restitue pour 70 millions de dollars d’antiquités volées

CULTURE Le milliardaire et philanthrope Michael Steinhardt fait l’objet d’une interdiction à vie d’acquérir des antiquités sur le marché légal de l’art

20 Minutes avec agences
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Le procureur de New York, Cyrus
Vance, a fait de la restitution d'œuvres d'art volées l'une de ses priorités.
Le procureur de New York, Cyrus Vance, a fait de la restitution d'œuvres d'art volées l'une de ses priorités. — Andrew Burton

Un célèbre collectionneur d’art américain, le milliardaire et philanthrope Michael Steinhardt, a restitué 180 œuvres d’art et antiquités volées dans le monde ces dernières décennies, d’une valeur de 70 millions de dollars. Certaines proviennent de la Grèce antique, a annoncé la justice new-yorkaise.

L’annonce du procureur Cyrus Vance, résultat d’années d’enquête, permet à Michael Steinhardt, 80 ans, d’échapper pour l’instant à une inculpation et à un procès. Mais il se voit interdit à vie d’acquérir des antiquités sur le marché légal de l’art.

Un « appétit vorace »

Dans un communiqué, le procureur a dénoncé « l’appétit vorace depuis des décennies de Michael Steinhardt pour des objets pillés, sans se préoccuper de la légalité de ses actes, ni de la légitimité des pièces qu’il achetait et vendait, ni de la gravité des dégâts culturels qu’il commettait dans le monde entier ».

Il a accusé le collectionneur et financier new-yorkais, dont la fortune est estimée par Forbes à 1,2 milliard de dollars, de ne respecter aucune « frontière géographique ou morale » et de « s’appuyer sur des trafiquants d’antiquités, patrons du crime organisé et du blanchiment et pilleurs de tombes, afin d’accroître ses collections ».

Une figure de la philanthropie new-yorkaise

Michael Steinhardt a fait l’objet ces dernières années de perquisitions à son bureau et son appartement sur la 5e avenue de Manhattan par les services du procureur Vance, lequel a fait de la restitution d’œuvres d’art volées l’une de ses priorités. Figure de la finance et de la philanthropie new-yorkaise – à la fortune amassée grâce à un fonds spéculatif – Steinhardt est un amateur d’antiquités grecques et a donné son nom à une galerie du Metropolitan Museum of Art.

D’après Cyrus Vance, les 180 œuvres d'art « vont être restituées au plus vite à leurs propriétaires légitimes dans 11 pays ». Parmi elles, un rhyton grec à tête de cerf datant de 400 avant J.C d’une valeur de 3,5 millions de dollars et un larnax de la Grèce antique de 1.400-1.200 avant J.C estimé à un million de dollars.

Le procureur a semblé écarter la perspective prochaine d’un procès. Tout en soulignant « l’indifférence » de Michael Steinhardt « à l’égard des droits des peuples sur leurs propres trésors sacrés », Cyrus Vance a jugé préférable de restituer rapidement ces pièces plutôt que de les « conserver comme preuves pendant des années », permettant à l’accusé d’éviter un procès. « L’accord stipule que Steinhardt sera soumis à une interdiction à vie et sans précédent d’acquisition d’antiquités », s’est félicité le procureur.