Birmanie : L’ex-présidente Aung San Suu Kyi condamnée à 4 ans de prison par la junte

PROCES Cette dernière est détenue depuis que les généraux ont renversé son gouvernement aux premières heures du 1er février

Marie De Fournas
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Birmanie: Aung San Suu Kyi condamnée à 4 ans de prison par la junte — 20 Minutes

Le jugement d’Aung San Suu Kyi par un tribunal birman est tombé ce lundi. L’ex-cheffe du gouvernement civil a été condamnée à quatre ans de prison pour incitation aux troubles publics et violation des règles sanitaires liées au Covid-19. « Deux ans de prison en vertu de la section 505 (b) et à deux ans de prison en vertu de la loi sur les catastrophes naturelles », a déclaré Zaw Min Tun, un porte-parole de la junte.

L’ancien président Win Myint a été condamné à la même peine, a-t-il dit, ajoutant qu’ils ne seraient pas conduits en prison pour le moment. « Ils devront faire face à d’autres accusations depuis les lieux où ils séjournent actuellement » dans la capitale Naypyidaw, a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.

La peine d’Aung San Suu Kyi pourrait s’alourdir

Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, est détenue depuis que les généraux ont renversé son gouvernement aux premières heures du 1er février, mettant ainsi fin à une brève parenthèse démocratique en Birmanie.

La junte a régulièrement accumulé les chefs d’accusation contre elle, dont la violation de la loi sur les secrets officiels, la corruption et la fraude électorale. Agée de 76 ans, elle risque des dizaines d’années de prison si elle est reconnue coupable de tous les chefs d’accusation.

« Axphyxier les libertés en Birmanie »

« Les lourdes peines infligées à Aung San Suu Kyi sur la base de ces accusations bidon sont le dernier exemple en date de la détermination de l’armée à éliminer toute opposition et à axphyxier les libertés en Birmanie », a immédiatement réagit Amnesty International dans un communiqué.

Les journalistes n’ont pas le droit d’assister aux débats du tribunal spécial dans la capitale construite par les militaires, et les avocats de Suu Kyi se sont récemment vus interdire de parler aux médias. Selon une ONG locale de défense des droits, plus de 1.300 personnes ont été tuées et plus de 10.000 arrêtées dans le cadre de la répression de la dissidence depuis le coup d’État.