Coronavirus : Le variant Omicron recensé dans 38 pays, le FMI inquiet pour la croissance

PANDEMIE Même si l'OMS n'a pas encore connaissance de cas mortel, le durcissement des mesures sanitaires pourrait conduire le FMI à réduire ses prévisions

20 Minutes avec AFP
— 
Un laboratoire mobile de dépistage Covid à Times Square, à New York.
Un laboratoire mobile de dépistage Covid à Times Square, à New York. — Yuki Iwamura/AP/SIPA

La progression semble inéluctable. Un nombre toujours grandissant de pays signalaient vendredi des cas du variant du coronavirus Omicron qui, même si l’OMS dit n’avoir à cette heure pas connaissance de cas mortels, inquiète au point que le Fonds monétaire international (FMI) envisage de réviser ses prévisions de croissance mondiale.

Plus d’une semaine après l’annonce par l’Afrique du Sud de sa découverte, ce nouveau variant a été recensé dans 38 pays et fait souffler un vent de panique sur la planète, poussant nombre de pays à durcir leurs mesures sanitaires mais aussi à fermer leurs frontières. En se propageant aussi rapidement, Omicron « peut ébranler la confiance » et provoquer « probablement des révisions à la baisse de nos projections d’octobre pour la croissance mondiale », a indiqué vendredi la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

Dans le même temps, la pandémie de Covid-19 continue de faire des ravages dans certains pays : selon son agence statistique, la Russie a enregistré près de 75.000 morts durant le seul mois d’octobre, le plus meurtrier à ce jour dans le pays de 145 millions d’habitants depuis le début de la pandémie qui y a au total tué 520.000 personnes.

12 cas en France, 109 en Europe

A travers l’Espace économique européen (Union européenne plus Norvège, Islande et Liechtenstein), 109 cas étaient recensés vendredi à la mi-journée, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

En France, 12 cas ont été recensés, selon les autorités sanitaires, les Etats-Unis en comptant pour leur part 10 au total, dont deux concernant des malades n’ayant pas voyagé à l’étranger, signe que les transmissions sont désormais aussi locales.

L’Australie a pour sa part annoncé vendredi trois premiers cas à Sidney, malgré l’interdiction faite aux étrangers d’entrer sur son territoire et les restrictions de vols vers l’Afrique australe. L’Espagne aussi a détecté son premier cas de contamination locale, un homme vacciné de 62 ans n’ayant effectué aucun voyage. La Tunisie et le Mexique ont eux annoncé vendredi leurs premiers cas.

En octobre, le FMI avait déjà révisé en baisse ses prévisions de hausse du PIB mondial à 5,9 % cette année, en raison notamment d’une vaccination inégale à travers le monde. Selon les statistiques de l’ONU, environ 65 % des habitants des pays les plus développés ont reçu au moins une dose d’un vaccin contre le Covid-19, contre seulement 7 % dans les pays les moins développés

L’émergence du variant est « la preuve ultime » du danger des inégalités, a déclaré à l’AFP le président de la Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR), Francesco Rocca, rappelant la menace de voir des « variants très nouveaux dans des endroits où le taux de vaccination est très faible ».

Nombreuses inconnues

Si le nouveau variant semble extrêmement contagieux, un porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Christian Lindmeier, a expliqué vendredi n’avoir reçu « aucune information rapportant des décès liés à Omicron ».

De plus en plus de pays faisant des tests pour détecter le nouveau variant, « nous aurons plus de cas, plus d’informations, et – bien que j’espère que non – possiblement des morts », a-t-il souligné.

L’OMS juge « probable » que le variant se répande au niveau mondial d’autant que, selon une étude sud-africaine, le risque d’attraper une nouvelle fois le Covid-19 est trois fois plus important avec Omicron qu’avec les variants Beta et Delta.

En Afrique du Sud, le nouveau variant est déjà dominant et les autorités sanitaires ont signalé un pic de contaminations chez les enfants, sans qu’on sache pour le moment s’il est lié à Omicron.

Nouvelles restrictions en cascade

Jamais un variant du Covid-19 n’avait provoqué une telle panique depuis l’émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux. Partout dans le monde, les annonces de mesures radicales et de restrictions des déplacements se multiplient.

Après l’Autriche, l’Allemagne s’oriente vers la vaccination obligatoire, une loi en ce sens devant être examinée par le Parlement d’ici la fin de l’année. Le gouvernement irlandais a lui annoncé vendredi soir de nouvelles restrictions, dont la fermeture des discothèques du 7 décembre au 9 janvier tandis que la Grèce a raccourci les délais pour obtenir une troisième dose.

La Suisse va supprimer samedi la quarantaine obligatoire à l’entrée du pays pour les vaccinés, mais va durcir les exigences de tests. En Asie, au lendemain de l’annonce par Singapour de deux cas, la Malaisie et le Sri Lanka ont signalé leurs premiers cas vendredi, à chaque fois des voyageurs revenant d’Afrique.

Divers laboratoires, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Novavax, se sont dits confiants dans leur capacité à créer un vaccin contre Omicron. La Russie travaille elle aussi sur une version de son Spoutnik V ciblant spécifiquement ce variant.