Crise des migrants : Le pape appelle à « ouvrir les yeux » devant l'« esclavage » et la « torture » dans les camps

SOLIDARITE « Cela nous rappelle l’histoire du siècle dernier, des nazis, de Staline, et on se demande comment cela a pu arriver », a déclaré le souverain pontife, en visite à Chypre

20 Minutes avec AFP
— 
Le pape François, lors d'une messe au Vatican le 17 octobre 2021.
Le pape François, lors d'une messe au Vatican le 17 octobre 2021. — Alessandra Tarantino/AP/SIPA

« Ils fuient la haine, et ils trouvent devant eux un mur de haine »… Le pape François a appelé ce vendredi à Nicosie (Chypre) à « ouvrir les yeux » devant l'« esclavage » et la « torture » que subissent les migrants dans les camps, dressant un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale.

« Cela nous rappelle l’histoire du siècle dernier, des nazis, de Staline, et on se demande comment cela a pu arriver. Mais ce qui s’est passé autrefois est en train d’arriver aujourd’hui sur les côtes voisines », a lancé le pape dans une longue improvisation au cours d’une prière œcuménique avec des migrants, au deuxième jour de sa visite à Chypre.

« Nous regardons ce qui arrive, et le pire c’est que nous nous sommes habitués à ça »

« Il y a des lieux de torture, des gens qui sont vendus. Je le dis car c’est ma responsabilité d’ouvrir les yeux », a déclaré le souverain pontife devant 250 personnes réunies dans l’église de la Sainte Croix à Nicosie, située à quelques mètres de la zone tampon administrée par l’ONU.

« Nous regardons ce qui arrive, et le pire c’est que nous nous sommes habitués à ça. Le fait de s’habituer, c’est une maladie très grave ! Il n’y a pas d’antibiotiques contre cela », a-t-il ajouté lors d’une longue improvisation à l’issue de son discours, dénonçant une nouvelle fois « la culture de l’indifférence ».

Le pape va ramener 50 migrants de Chypre en Italie

Devant les « souffrances » de « tant de personnes dont on a profité », le pape François s’est dressé contre « la guerre de la haine », fustigeant « ceux qui empêchent d’entrer les réfugiés qui demandent de la fraternité, de l’aide, de la joie ». « Nous ne pouvons pas nous taire et regarder ailleurs devant cette culture de l’indifférence », a-t-il lancé, voyant dans cette réalité « l’histoire de cette société développée que nous appelons l’Occident ».

A travers ce voyage – son 35e à l’étranger depuis son élection en 2013 - le souverain pontife entend braquer à nouveau les regards sur la question migratoire, leitmotiv de son pontificat et source de tensions dans la région méditerranéenne. D’après le président chypriote Nicos Anastasiades, le pape François devrait ramener en Italie​ cinquante migrants résidant à Chypre.