Le légionnaire forcené du Tchad s'était déjà montré instable

ARMEE Il avait déjà été suspendu et avait prévenu qu'il n'avait «pas le moral» et que les gens «lui en voulaient»...

JM (avec agence)

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Carte de localisation d’Abéché, au Tchad, où un légionnaire français a pris la fuite après avoir tué deux autres légionnaires et un Togolais, le 7 avril 2009.
Carte de localisation d’Abéché, au Tchad, où un légionnaire français a pris la fuite après avoir tué deux autres légionnaires et un Togolais, le 7 avril 2009. — Idé

«Un accès de folie». Hervé Morin ne voit pas d'autre explication au geste de ce légionnaire français d'origine sud-américaine, qui a tué deux autres légionnaires et un militaire togolais au Tchad avant de prende la fuite, abattant au passage un paysan pour lui voler son cheval. Pourtant, l'armée le reconnaît, l'homme âgé de 27 ans a déjà présenté des signes d'instabilité.
 
Car il a beau avoir satisfait à «un examen psychologique lors de son intégration» en février 2007, le soldat de deuxième classe fait des siennes au cours d'une mission à l'été 2008. Basé à Djibouti, il est «sanctionné pour une absence irrégulière de trois jours», selon le colonel Benoît Royal, chef du Service d'information et de relations publiques de l'armée de terre (Sirpa Terre).
 
«Il n'a pas le moral et que les gens lui en veulent»
 
En cause, une petite virée en Ethiopie voisine, à laquelle mettent fin les autorités locales en le raccompagnant au poste militaire frontalier tenu par la Légion. A l'époque, le militaire explique «qu'il n'a pas le moral et que les gens lui en veulent», raconte le colonel Royal. Verdict: «rapatriement disciplinaire et 30 jours d'arrêt».
 
Son commandant, «prenant acte de sa chute de moral», décide toutefois de lui donner «une seconde chance» pour qu'il «reprenne pied». Il gagne alors la confiance de son chef de groupe, qui se porte «garant de sa manière de servir», permettant ainsi son affectation au Tchad. Il n'est plus là pour regretter son erreur, puisqu'il fait partie des victimes du forcené.