Bouteflika fait le coup du troisième mandat

ALGERIE Plus de vingt millions d'Algériens sont appelés aux urnes...

Armelle Le Goff

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La campagne électorale pour l'élection présidentielle du 9 avril en Algérie s'est ouverte jeudi, et son principal enjeu sera de convaincre les électeurs d'aller voter en masse, pour asseoir la légitimité du chef de l'Etat sortant Abdelaziz Bouteflika, certain d'être réélu.
La campagne électorale pour l'élection présidentielle du 9 avril en Algérie s'est ouverte jeudi, et son principal enjeu sera de convaincre les électeurs d'aller voter en masse, pour asseoir la légitimité du chef de l'Etat sortant Abdelaziz Bouteflika, certain d'être réélu. — Fayez Nureldine AFP

Drôle d'ambiance pour une élection. L'Algérie, qui se rend aux urnes aujourd'hui, a face à elle six candidats, dont l'un, le Président sortant, Abdelzaziz Bouteflika est assuré d'être réélu. Seule inconnue: le taux de participation. Depuis le 19 mars et l'ouverture de la campagne, Bouteflika a battu la campagne pour tenter d'arracher une réélection moins piteuse qu'en 2004, lorsque le scrutin n'avait mobilisé que 55% des votants. Mais il n'est pas dit que la mobilisation soit au rendez-vous. La population survit dans un tel marasme que ne pas participer à la consultation pourrait être une façon de signifier son désenchantement.

>> A lire également: l'interview de Waciny Laredj, auteur et universitaire algérien, ici.

Le bilan de Bouteflika n'est pourtant pas seulement négatif. Depuis 1999 et la loi sur la Concorde civile, destinée à mettre un terme aux violences politiques qui ravageaient le pays depuis 1992, la sécurité s'est améliorée. Certes, de violents attentats ont récemment frappé le pays. Le plus meurtrier, qui a fait 48 morts, s'est produit en août 2008 à une cinquantaine de kilomètres d'Alger.

Emigration désespérée chez les jeunes

Sur le plan économique, l'ancien bras droit du président Houari Bouemediene (1965-1978) a aussi engagé le pays dans une politique de grands travaux destinés à moderniser ses infrastructures. Ainsi, une autoroute reliant le pays d'Est-Ouest sur 900 kilomètres devrait être achevée d'ici à 2010. Lancé il y a plus de vingt ans, le métro d'Alger devrait entrer en service à la fin de l'année. Autant d'équipements dont le pouvoir pense qu'ils devraient rapidement s'avérer payants pour l'économie du pays. Il y a urgence en effet.

Très dépendante de ses hydrocarbures (98% des recettes), l'Algérie peine à mettre en place les structures d'une économie durable. Résultat, le pays importe l'essentiel de ses besoins en produits et services. Chez les jeunes, le taux de chômage endémique a fait naître une volonté d'émigration désespérée. Ceux qu'on appellent les «harraga», prêts à tout pour quitter le pays, meurent par milliers dans des embarcations de fortune censées leur permettre de rejoindre les côtes européennes.