Nucléaire iranien : Israël demande aux Etats-Unis la « fin immédiate » des négociations avec l'Iran

POURPARLERS Le Premier ministre israélien dénonce le « chantage nucléaire » pratiqué par l’Iran

20 Minutes avec AFP
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Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a demandé jeudi aux Etats-Unis la
Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a demandé jeudi aux Etats-Unis la — Abir Sultan/AP/SIPA

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a demandé jeudi aux Etats-Unis la « fin immédiate » des négociations sur le programme nucléaire iranien, lors d’un entretien téléphonique avec le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, ont indiqué ses services à Jérusalem.

« L’Iran fait du "chantage nucléaire" une tactique de négociation et la réponse à cela doit être la fin immédiate des négociations et des mesures concrètes des grandes puissances » contre Téhéran, a fait valoir M. Bennett lors de cet échange, selon un communiqué de ses services.

Des « provocations » dénoncées par Israël

Le Premier ministre a fait référence plus précisément à des informations récentes indiquant que l’Iran avait encore augmenté son stock d’uranium enrichi à 20 %, selon ses services. Il a évoqué des « violations à des fins de provocation de la part de l’Iran dans le secteur du nucléaire, qui interviennent en même temps que les négociations », a précisé à l’AFP une source israélienne, sans détailler ces « provocations ».

Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, craint de voir l’Iran, son ennemi juré, devenir prochainement un pays du « seuil du nucléaire », c’est-à-dire ayant suffisamment de combustible pour produire la bombe atomique, et s’oppose ainsi à la reprise des négociations sur le nucléaire.

« Intolérable »

Un « mauvais » accord avec l’Iran serait « intolérable » pour Israël, a d’ailleurs déclaré jeudi le chef Mossad, David Barnea, lors d’une cérémonie interne des services de renseignement israéliens à Jérusalem, selon des médias locaux et un enregistrement obtenu par l’AFP.

« Il est clair que pour des motifs civils, l’uranium n’a pas besoin d’être enrichi à 60 %, qu’il n’y a aussi pas besoin d’avoir trois sites d’enrichissement et des milliers de centrifuges actives à moins qu’il n’y ait une intention de développer une arme nucléaire », poursuit M. Barnea dans cette allocution en hébreu. En avril dernier, l’Iran avait annoncé sa décision d’enrichir l’uranium à hauteur de 60 %, après une explosion dans son usine de Natanz imputée par Téhéran à Israël.

Blinken se montre pessimiste

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a de son côté affiché jeudi son pessimisme sur la possibilité de sauver l’accord, malgré la reprise lundi des négociations à Vienne. « Ce que l’Iran ne peut pas faire, c’est entretenir le statu quo qui revient à développer son programme nucléaire tout en traînant des pieds » à la table des négociations, a-t-il martelé. Le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid s’est d’ailleurs rendu en début de semaine à Londres et Paris pour tenter d’infléchir en faveur d’Israël la position des pays occidentaux.

Conclu entre la République islamique et des grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne, Royaume-Uni), l’accord de 2015 est moribond depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 et le rétablissement de sanctions, poussant en riposte Téhéran à se détacher de la plupart de ses engagements. Il offrait à Téhéran la levée d’une partie des sanctions étouffant son économie en échange d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous strict contrôle de l’ONU.