Etats-Unis : Trois ans de prison pour l'épouse du narcotrafiquant « El Chapo »

JUSTICE Emma Coronel Aispuro a exprimé ses regrets et reconnu avoir eu connaissance de l’importation aux Etats-Unis de cocaïne, d’héroïne, de méthamphétamine et de marijuana

20 Minutes avec AFP
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La femme de Joaquin « El Chapo » Guzman, Emma Coronel Aispuro, à son arrivée au tribunal de New York le 7 février 2019 (illustration).
La femme de Joaquin « El Chapo » Guzman, Emma Coronel Aispuro, à son arrivée au tribunal de New York le 7 février 2019 (illustration). — Mark Lennihan/AP/SIPA

La justice aura finalement été plutôt clémente avec l’épouse du narcotrafiquant mexicain « El Chapo ». Emma Coronel Aispuro, a été condamnée mardi par un juge fédéral américain à trois ans de prison après avoir admis sa participation au trafic du puissant cartel de Sinaloa.

Les procureurs avaient demandé une peine de quatre ans, une sentence plus légère que les réquisitions habituelles dans les affaires de trafic de drogue. Le magistrat, Rudolph Contreras, a expliqué que l’Américano-Mexicaine, âgée de 32 ans, était très jeune lorsqu’elle a rencontré puis épousé Joaquin Guzman et qu’elle avait coopéré avec les autorités après son arrestation en février.

Des « regrets sincères »

La jeune femme n’a pas réagi au prononcé de la sentence. Elle avait auparavant exprimé en espagnol ses « regrets sincères » pour les « erreurs » qu’elle avait faites. Emma Coronel Aispuro avait 18 ans quand elle a épousé en 2007 « El Chapo », de 32 ans son aîné, et a eu avec lui des jumelles en 2011.

« La souffrance que j’ai infligée à ma famille me fait très mal », a-t-elle déclaré, suppliant la cour de ne pas laisser ses filles grandir sans leur mère, elles qui sont déjà privées de leur père, condamné à perpétuité en 2019 aux Etats-Unis. Son avocat, Jeffrey Lichtman, a assuré après le verdict que le rôle de la jeune femme au sein du cartel se bornait à être « la femme de M. Guzman ». « Elle était impliquée dans un trafic très important mais c’était un personnage minuscule ».

La peur des représailles

Emma Coronel a déjà passé neuf mois en détention depuis son arrestation le 22 février à l’aéroport de Washington. Elle devra également rester 48 mois en liberté surveillée après sa remise en liberté et a dû payer 1,5 million de dollars de dédommagements à l’Etat américain. Son avocat, qui ne fera pas appel, a en outre fermement démenti que sa cliente ait coopéré avec la justice américaine, des allégations qui selon lui l’empêcheront de rentrer au Mexique, où vit sa famille, car elle y « sera toujours en danger » des représailles du cartel.

L’ex-reine de beauté, également influenceuse et apprentie designer, était au départ accusée d’avoir servi d'« intermédiaire » entre El Chapo et ses associés, et d’avoir participé à la direction du cartel de Sinaloa une fois son époux emprisonné au Mexique. En juin, Emma Coronel avait finalement plaidé coupable de trois chefs d’accusation : participation au trafic de drogue, blanchiment d’instruments monétaires et transactions avec un narcotrafiquant étranger. Elle a admis avoir eu connaissance de l’importation aux Etats-Unis d’au moins 450 kg de cocaïne, 90 kg d’héroïne, 45 kg de méthamphétamine et 90 tonnes de marijuana. Elle a aussi avoué avoir aidé « El Chapo » à s’évader en 2015 d’une prison mexicaine.