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CRISELe Canada manque de pères Noël à cause de la pénurie de main-d'œuvre

Canada : Le pays manque de pères Noël à cause de la pénurie de main-d'œuvre

CRISE
Le Canada compte deux fois plus de postes vacants qu'en 2019
Un père Noël (illustration)
Un père Noël (illustration) - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA / SIPA
20 Minutes avec Agences

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Des urgences partiellement fermées, des restaurants qui n’ouvrent plus le midi et des centres commerciaux sans père Noël : au Canada, de nombreux secteurs sont confrontés à une pénurie de main-d’œuvre sans précédent, qui handicape la reprise post-Covid. A quelques semaines des fêtes de fin d’année, Jeff Gilroy de l’agence Just Be Claus s’arrache les cheveux : il a recruté seulement 24 pères Noël quand il lui en faudrait dix fois plus. « J’ai dû dire non à 200 événements, et je continue d’en refuser tous les jours », regrette-t-il.

De son côté, Eric Igari a tout tenté : faire appel à des amis et même à des clients réguliers pour combler les trous dans le tableau de service de son restaurant mexicain, Corazon de Maiz, à Ottawa. Sur sa devanture, comme devant beaucoup de commerces dans la capitale canadienne ou à Montréal, une affiche vante : « Ici on embauche ». « C’est très difficile », explique le restaurateur à l’AFP.

Ouvrir les vannes de l’immigration

Au total, le Canada recensait en août 871.600 postes vacants, dont 156.800 dans la restauration et 121.300 dans la santé, soit près de deux fois plus qu’en 2019, selon les chiffres de Statistiques Canada publiés en octobre. Globalement, 55 % des entrepreneurs affirment avoir des difficultés à recruter, ce qui les oblige à travailler de plus longues heures et à reporter ou à refuser des commandes, d’après une étude de la banque des entrepreneurs canadiens. Et plus du quart d’entre eux peinent à retenir leur personnel.

Les industries les plus touchées sont la santé, l’alimentation, les entreprises manufacturières et la construction, notamment en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique. Au Québec, les grandes fédérations patronales ont lancé la semaine dernière un cri d’alarme : parlant de « crise sans précédent » et de « catastrophe économique », elles ont appelé le gouvernement à ouvrir davantage les vannes de l’immigration.

Des entreprises en grandes difficultés

Plusieurs facteurs expliquent la situation, dont le vieillissement de la population et la baisse récente de l’immigration en raison des restrictions de voyage liées à la pandémie, levées en septembre seulement, explique Travis Stratton, économiste chez Deloitte Canada.

Dans certains secteurs, les salaires s’envolent pour attirer les candidats mais ce n’est « pas une option pour de nombreuses petites entreprises qui peinent encore à récupérer les pertes attribuables à la pandémie », estime Jasmin Guénette de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). En moyenne, une PME au Canada a accumulé 170.000 dollars canadiens (119.000 euros) de dettes au cours de la pandémie, selon un sondage de cette fédération. Et environ 180.000 entreprises, soit une sur six, risquent de mettre la clé sous la porte.

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