Naufrage dans la Manche : Gérald Darmanin plaide pour un accord entre l’UE et le Royaume-Uni pour lutter contre l’immigration illégale

DRAME Au moins 27 migrants sont morts lors d'un naufrage dans la Manche, mercredi

J.-L.D. avec AFP
— 
Gérald Darmanin est revenu encore une fois sur le drame dans la Manche
Gérald Darmanin est revenu encore une fois sur le drame dans la Manche — FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a affirmé ce lundi qu’il n’y aurait « pas de remise en cause » des accords du Touquet sur la frontière franco-britannique et souhaité un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pour endiguer les traversées de migrants illégaux dans la Manche.

Il faut un « accord Union européenne (UE) et Grande-Bretagne », car « cela ne peut pas être un simple accord de réadmission de migrants sur le territoire » français, a déclaré Gérald Darmanin, rejetant fermement la proposition du Premier ministre britannique Boris Johnson. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse après la réunion, ce lundi matin, d’un conseil de défense de sécurité intérieure présidé par le chef de l’État Emmanuel Macron, et consacrée à la lutte contre les traversées de la Manche par des immigrés clandestins.

Pas d’accord unilatéral

« Ce que nous voulons », a-t-il insisté, « c’est un accord équilibré qui offre de réelles solutions, y compris aux problèmes de la France et de l’Europe […]. Nous ne voulons pas d’un accord unilatéral ». Gérald Darmanin a annoncé que le Premier ministre, Jean Castex, écrirait mardi à son homologue Boris Johnson pour lui proposer de travailler à l’élaboration de cet accord.

« C’est un accord qui règle le travail entre la Grande-Bretagne et les pays frontaliers dans un cadre d’immigration pas négocié lors du Brexit », a souligné le ministre. Gérald Darmanin a par ailleurs rejeté toute « remise en cause » des accords du Touquet (2004) qui placent la frontière britannique côté français, ainsi que l’ont suggéré plusieurs personnalités d’opposition, en rappelant que ce texte ne concernait que l’immigration légale.

Avertissement aux Britanniques

Par ailleurs, il a mis en garde les Britanniques contre toute velléité de remettre à la mer les migrants qui arriveraient sur leurs côtes, ce qui serait « une ligne rouge inacceptable ». « Nous n’accepterons jamais la pratique des refoulements en mer », a-t-il assuré, car « le Royaume-Uni n’est pas exonéré du droit international ».

Soulignant la nécessité de lutter contre les passeurs, le ministre a annoncé le doublement des effectifs de l’Office central dédié à la lutte contre l’immigration clandestine. Il a prévu de se rendre mardi en Slovénie et vendredi en Pologne dans le cadre de la préparation du Conseil des ministres de l’Intérieur européen le 9 décembre, qui évoquera le dossier.