Allemagne : Le premier exécutif post-Merkel annonce vouloir légaliser le cannabis

NOUVELLE ERE Parmi les promesses du contrat de gouvernement de l'après-Merkel, la sortie anticipée du charbon et la légalisation du cannabis

20 Minutes avec AFP
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Olaf Scholz s'apprête à endosser le costume de chancelier.
Olaf Scholz s'apprête à endosser le costume de chancelier. — Michael Kappeler/AP/SIPA

Les sociaux-démocrates allemands, les Verts et les libéraux ont dévoilé ce mercredi après-midi leur accord gouvernemental pour former une coalition qui va accéder au pouvoir et ouvrir ainsi une nouvelle ère après seize années d’ Angela Merkel. Un gouvernement qui sera d’autant plus inédit que les élections législatives, il y a deux mois, ont été marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur de la chancelière.

Les trois formations ont présenté leur « contrat » de gouvernement à Berlin. Auparavant, elles ont effectué un ultime tour de table pour régler des détails d’un accord qui promet de faire la part belle à la protection de l’environnement, avec notamment une sortie du charbon anticipée à 2030, contre 2038 auparavant. Autre mesure phare, le gouvernement entend légaliser le cannabis, dont la vente dans des « magasins agréés » sera réservée « aux adultes ». « Cela permettra de contrôler la qualité, d’empêcher la transmission de substances contaminées et de garantir la protection de la jeunesse », précise le contrat de gouvernement, précisant que « l’impact social de la loi » serait évalué après quatre ans.

Annalena Baerbock, première femme ministre des Affaires étrangères

L’accord de coalition a été ficelé à l’issue de négociations menées tambour battant, à alors que l’épidémie de Covid-19 bat des records d’infections en Allemagne et que l’UE fait face à la crise des migrants à la frontière polonaise. Signe d’une nervosité grandissante face à la flambée des contaminations, Angela Merkel a reçu mardi soir à la chancellerie les responsables des partis de la future coalition dite « feu tricolore ».

Le « contrat de coalition » entre les trois partis, qui doit définir toutes les réformes économiques, environnementales, sociétales que le prochain gouvernement mettra en œuvre, a été mis au point en un temps record vu l’équilibre des forces : les trois partis sont entrés en discussions le 21 octobre, avec plus d’une vingtaine de groupes de travail. Le soir même des élections, tous avaient manifesté leur volonté d’aller vite pour ne pas répéter le scénario de 2017 quand Angela Merkel avait mis plus de cinq mois à constituer son gouvernement, paralysant l’Europe.

Ce savant dosage se traduit par la nomination pour la première fois d’une femme au ministère des Affaires étrangères. Candidate malheureuse des écologistes à la chancellerie après une campagne ratée, Annalena Baerbock, 40 ans, va prendre la tête de la diplomatie allemande dans un gouvernement à parité hommes-femmes, selon les médias.

Olaf Scholz, déjà présent au G20

Le très important et prestigieux maroquin des Finances revient quant à lui au chef du parti libéral FDP, Christian Lindner, tenant d’une ligne orthodoxe sur les déficits publics. L’accord indique un retour à la rigueur budgétaire en 2023. Le populaire co-président des Verts, Robert Habeck s’installe dans un « super ministère » du Climat. Reste que les portes de la chancellerie sont désormais grandes ouvertes pour le social-démocrate Olaf Scholz, 63 ans, qui devrait être investi chancelier début décembre par les députés du Bundestag.

L’Allemagne tournera alors la page des années Merkel, celle-ci n’assurant plus que la gestion des affaires courantes depuis un mois. Rompu aux arcanes de la négociation, Olaf Scholz a déjà fait ses premiers pas sur la scène internationale en accompagnant Angela Merkel au sommet du G20 le mois dernier à Rome et en participant informellement à l’entretien avec le président américain Joe Biden.