Crise migratoire : La Pologne et la Biélorussie violent les droits humains à leurs frontières, selon l’ONG Human Rights Watch

REFUGIES Selon Human Rights Watch, les gardes-frontières polonais ont « repoussé, parfois violemment » des migrants, qui font face côté biélorusse à des traitements inhumains et des actes de torture

20 Minutes avec AFP
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La Pologne refuse d'ouvrir sa frontière et envisage de construire un mur.
La Pologne refuse d'ouvrir sa frontière et envisage de construire un mur. — Sergei Bobylev/TASS/Sipa USA/SIPA

L’accusation de l’ONG Human Rights Watch est lourde : selon un rapport publié ce mercredi, la Biélorussie et la Pologne sont tous deux coupables de « graves violations des droits humains » à l’encontre des migrants et des demandeurs d’asile à la frontière entre les deux pays, alors que la crise s’enlise. Les chercheurs de HRW indiquent avoir eu des entretiens approfondis avec 19 personnes dont les récits ont révélé que certaines d’entre elles « avaient été repoussées, parfois violemment, par des gardes-frontières polonais ».

HRW souligne que ces refoulements « violent le droit d’asile prévu par la législation européenne » et exhorte l’UE à « commencer à faire preuve de solidarité avec les victimes à la frontière des deux côtés, qui souffrent et qui meurent ». En Biélorussie, souligne l’ONG, « la violence, des traitements inhumains et dégradants, ainsi que la pression exercée par les gardes-frontières biélorusses étaient monnaie courante ». Ces traitements ont pu « dans certains cas, constituer des actes de torture, en violation des obligations juridiques internationales de la Biélorussie ».

7.000 migrants à la frontière polonaise, 11 morts depuis cet été

« Alors que la Biélorussie a monté cette situation sans se soucier des conséquences humaines, la Pologne partage la responsabilité de la souffrance aiguë dans la zone frontalière », déclare Lydia Gall, experte pour l’Europe et l’Asie centrale à HRW, dans un communiqué. Elle exhorte Minsk et Varsovie à « mettre fin aux refoulements ping-pong et à permettre aux observateurs indépendants, notamment aux journalistes et aux défenseurs des droits de l’Homme, d’accéder aux zones frontalières actuellement soumises à des restrictions ».

Le rapport signale que trois personnes ont accusé les gardes-frontières polonais d’avoir séparé leurs familles, y compris les parents des enfants, en emmenant à l’hôpital ceux qui avaient besoin de soins médicaux mais en renvoyant les autres en Biélorussie. Les groupes d’aide estiment qu’au moins onze personnes sont mortes des deux côtés de la frontière depuis le début de la crise cet été, alors qu’environ 7.000 migrants sont désormais massés à la frontière selon la Biélorussie. Pour l’HRW, les deux gouvernements « ont l’obligation d’empêcher de nouveaux décès, en assurant un accès humanitaire régulier aux personnes bloquées dans la zone frontalière ».