Affaire Epstein : Pour avoir le droit à un procès équitable, la famille de Ghislaine Maxwell saisit l’ONU

DEFENSE Les frères et sœurs de Ghislaine Maxwell ont déposé leur requête à Genève auprès du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire

20 Minutes avec AFP
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Ghislaine Maxwell dans les locaux de l'ONU à New York en 2013, pour présenter un projet en faveur des océans (illustration).
Ghislaine Maxwell dans les locaux de l'ONU à New York en 2013, pour présenter un projet en faveur des océans (illustration). — Rick Bajornas/AP/SIPA

Alors que son procès doit s’ouvrir le 29 novembre, les proches de Ghislaine Maxwell continuent de tenter le tout pour le tout pour lui venir en aide. Sa famille a ainsi saisi des experts de l’ONU lundi, estimant que son maintien en détention aux Etats-Unis dans le cadre de l’ affaire Epstein est injustifié et qu’elle n’a aucune chance d’avoir un procès équitable.

Les frères et sœurs de Ghislaine Maxwell dénoncent « de graves violations des droits de la défense et de la présomption d’innocence, des traitements indignes et dégradants que notre sœur a subis et continue de subir en prison où elle est détenue à l’isolement depuis 500 jours de façon injustifiée », selon un communiqué de leurs avocats François Zimeray et Jessica Finelle, spécialisés dans les dossiers de droits humains.

Un groupe sans pouvoir de coercition

Ces derniers ont déposé leur requête à Genève en Suisse auprès du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, qui n’a pas de pouvoir de coercition mais dont les appels ont du poids en raison de la réputation d’indépendance et de sérieux de ses enquêtes. Ces experts ne s’expriment pas au nom de l’organisation.

Les deux avocats soulignent que leur démarche est indépendante de la défense sur le fond assurée aux Etats-Unis et basée uniquement sur ce qu’ils estiment être de « nombreuses violations du Pacte international relatif aux droits civils et politiques », ratifié par les Etats-Unis, et les règles de l’ONU sur le traitement des prisonniers, connues sous le nom de règles Mandela.

Un combat « contre l’arbitraire »

« Il y a une ligne étroite qui sépare la justice de la vengeance. Nous ne nous battons pas contre les plaignantes mais contre l’arbitraire. Devant le tribunal de l’opinion publique, Mme Maxwell a été présumée coupable, condamnée et diabolisée avant tout jugement », soulignent les avocats. Ils accusent aussi les autorités américaines de l’avoir incarcérée dans des conditions particulièrement dures.

« Tout se passe comme si Ghislaine Maxwell subissait les conséquences de l’incapacité de l’administration américaine à préserver la vie de Jeffrey Epstein et à garantir son procès », avancent-ils. La requête dénonce également une détention « selon un régime d’exception » : isolement, nombreuses fouilles corporelles quotidiennes, surveillance 24h sur 24…

Le procès de Ghislaine Maxwell doit se tenir à New York, deux ans après le suicide en prison du milliardaire américain Jeffrey Epstein, accusé de crimes sexuels sur des jeunes filles mineures. La fille du magnat de la presse Robert Maxwell, née près de Paris le 25 décembre 1961, a la triple nationalité française, britannique et américaine. Accusée d’avoir recruté des mineures pour le financier et son entourage, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité au terme d’un procès qui durera six semaines. Lors de son procès, elle plaidera non coupable des six chefs d’inculpation pour lesquels elle encourt jusqu’à 80 années de prison, selon sa défense.