G20: un pas décisif mais beaucoup reste à faire

MEDIAS Au lendemain du sommet qui s'est tenu à Londres, la presse dresse le bilan...

MD (Avec agence)

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Les dirigeants du G20 à Londres le 2 avril 2009
Les dirigeants du G20 à Londres le 2 avril 2009 — Rex Features/REX/SIPA

L'accord des leaders du G20 au sommet de Londres jeudi et la promesse de nouvelles ressources pour le FMI ne résoudront pas à eux seuls la crise économique globale mais marquent un premier pas décisif sur le chemin de la relance, estiment vendredi nombre de quotidiens européens.

«Une avancée utile mais encore du chemin à parcourir», affirme le quotidien économique britannique «Financial Times», résumant l'avis général de la presse écrite qui estime que le sommet a été un succès même si certains journaux «attendent de voir». «Le monde va mieux après la tenue de ce sommet. La possibilité d'une contagion dangereuse est plus faible et un progrès conséquent a été réalisé sur un certain nombre de questions», indique le quotidien, qui se félicite notamment de la promesse «extrêmement encourageante» de nouvelles ressources pour le Fonds monétaire international (FMI).

«Mais les dirigeants doivent se souvenir que la crise, qui est partie du système bancaire, ne sera pas résolue tant que le système bancaire lui-même ne sera pas réformé. C'est là-dessus qu'ils doivent porter leur attention maintenant», ajoute-t-il cependant.

L'avenir de l'économie mondiale est entravé par des désaccords

Le quotidien britannique de gauche «The Guardian» affirme que «l'avenir à court terme de l'économie mondiale est entravé par deux problèmes communs: une récession globale néfaste et une crise bancaire sans précédent. Le message du G20 a été que les pays doivent affronter les deux problèmes comme un tout».

«Le G20 n'a pas débouché sur un grand plan de relance», écrit pour sa part le conservateur «Daily Telegraph», estimant néanmoins que le ton optimiste des échanges entre les différents dirigeants peut «contribuer d'une certaine manière à restaurer la confiance globale». Le «Times» indique que «la confiance est l'ingrédient fondamental manquant» dans la crise et le seul fait que le G20 soit arrivé à un accord peut aider à la restaurer.

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«L'accord a été trouvé», se réjouit pour sa part le quotidien italien «La Repubblica». «On avait craint que le sommet ne réussisse pas à accoucher d'un document commun, que les leaders se présenteraient divisés et devraient admettre qu'ils n'avaient pas réussi à trouver une stratégie pour contrecarrer la crise économique. Et ce fut le contraire, l'accord a été trouvé», écrit-il. «Finalement il y a eu un accord», lui fait écho «La Stampa». «La ligne européenne de ne pas relâcher de façon excessive les cordons de la bourse et la rigueur des comptes publics, et de miser surtout sur la tentative de renforcer l'éthique du système financier a prévalu», estime le quotidien.

Les médias français prudents

En France, «Le Monde» affirme que «c'est bel et bien un nouveau monde qui émerge à Londres sous nos yeux», tandis que «Libération», plus prudent, parle d'une «avancée incontestable». Il s'est agi avant tout «de changer juste ce qu'il faut pour que tout continue comme avant», conteste le journal communiste «L'Humanité». «Cela n'a rien à voir avec un nouvel ordre économique». Le quotidien économique «Les Echos» quant à lui estime que si «ce n'est sans doute pas tout à fait un gouvernement du monde" qui s'est réuni à Londres "c'est déjà bien plus qu'un sommet».

Enfin, sur un ton beaucoup plus sceptique propre à l'ensemble de la presse russe, le quotidien «Vremia Novosteï» estime que «même une résolution sans précédent des dirigeants des grands pays développés d'agir ensemble ne garantit pas de miracles économiques». «Kommersant», ironiquement, écrit que «l'objectif principal de ce sommet était de fixer la date du prochain». Pour la «Nezavissimaïa Gazeta», «le G20 a essayé d'apporter un apaisement à ceux qui sont devenus victimes de la crise (...) Mais les dirigeants du G20 n'ont pas pris d'obligations pour l'octroi de moyens supplémentaires».