Géorgie : Après 50 jours, l’ex-président Saakachvili arrête sa grève de la faim

DANGER L’ex-président géorgien (2004-2013) avait cessé de s’alimenter le 1er octobre pour protester contre son incarcération à son retour d’exil en Ukraine

20 Minutes avec AFP
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L'ex-président géorgien Mikheil Saakachvili arrête sa grève de la faim.
L'ex-président géorgien Mikheil Saakachvili arrête sa grève de la faim. — AFP

Dans un état critique et en soins intensifs. L’ancien président et leader de l’opposition géorgienne, Mikheil Saakachvili, a mis fin samedi à ses 50 jours de grève de la faim en détention, après avoir été transféré dans un hôpital militaire.

L’ex-président géorgien (2004-2013) avait cessé de s’alimenter le 1er octobre pour protester contre son incarcération à son retour à Tbilissi. Jeudi, il s’était évanoui lors d’une rencontre avec ses avocats. Président pro-occidental de 2004 à 2013 et maintenant considéré comme le chef de l’opposition, Mikheil Saakachvili était retourné en Géorgie après un exil de huit ans en Ukraine. Immédiatement arrêté, il a été emprisonné en application de sa condamnation pour « abus de pouvoir », qu’il juge purement politique.

Véritable bras de fer

L’ex- « président Saakachvili a officiellement mis fin à sa grève de la faim juste après avoir été transféré à l’hôpital militaire de Gori », à quelque 90 kilomètres à l’ouest de la capitale Tbilissi, a déclaré à l’AFP son médecin personnel, Nikoloz Kipchidzé. « Il est toujours dans un état critique et a été placé dans un service de soins intensifs », a-t-il ajouté, précisant que l’opposant recommencerait à « s’alimenter plus tard dans la journée de samedi ».

Les autorités géorgiennes avaient dans un premier temps rejeté les recommandations des médecins de l’hospitaliser dans un établissement civil, avant de changer de ton vendredi et de le transférer dans la nuit dans un hôpital militaire.

Des milliers des partisans de Mikheil Saakachvili, 53 ans, étaient descendus dans la rue vendredi soir à Tbilissi, la capitale, pour réclamer des garanties d’une assistance médicale adéquate pour l’ancien dirigeant de ce pays du Caucase, considéré actuellement comme le dirigeant de l’opposition. Vendredi, le ministre de la Justice Rati Bregadzé avait accusé l’opposition d'« exploiter la santé de Saakachvili à ses fins politiques dérisoires ».

Accusations de fraude et de partialité

« Je n’accepterai jamais mon emprisonnement illégal », a déclaré vendredi soir Mikheil Saakachvili sur Facebook, ajoutant qu’il était prêt à « comparaître devant un procès équitable et à accepter tout verdict qu’il rendra ». « Dès que je serai libéré, je me joindrai à vous – en tant qu’égal parmi les égaux – pour reconstruire notre pays », a écrit Mikheil Saakachvili. Il a remercié ses compatriotes pour leur « incroyable démonstration de solidarité et d’humanité » et a appelé à une campagne « pour libérer le pays » de la domination du parti Rêve géorgien de l’oligarque Bidzina Ivanishvili. « Je crois en notre victoire comme jamais auparavant », a-t-il assuré.

En 2018, Saakachvili avait été condamné par contumace à six ans de prison pour « abus de pouvoir », des accusations qu’il avait dit inventées de toutes pièces et politiquement motivées.

L’arrestation de Mikheil Saakachvili a exacerbé une crise politique consécutive aux élections législatives en 2020, remportées de justesse par le parti du Rêve géorgien au pouvoir, et que l’opposition a jugées frauduleuses.