Une dizaine d'Etats américains ouvrent une enquête sur l'impact d'Instagram sur les adolescents

SANTE MENTALE L'enquête, qui fait suite aux documents révélés par une lanceuse d'alerte, va déterminer si Meta (Facebook) a enfreint les lois sur la protection des consommateurs

20 Minutes avec AFP
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Une adolescente regarde une vidéo sur Instagram (illustration).
Une adolescente regarde une vidéo sur Instagram (illustration). — Haven Daley/AP/SIPA

Les procureurs généraux de plusieurs Etats américains ont annoncé jeudi avoir ouvert une enquête commune pour déterminer si la maison-mère d’Instagram n’a pas délibérément laissé enfants et adolescents utiliser son réseau social tout en sachant qu’il pouvait être néfaste à leur santé mentale et physique, selon des documents internes révélés par la lanceuse d’alerte Frances Haugen.

Ils « examinent si (Meta, la maison mère d’Instagram) a enfreint les lois sur la protection des consommateurs et mis le public en danger », a précisé la procureure générale du Massachusetts Maura Healey dans un communiqué.

« Facebook, maintenant appelé Meta, n’a pas réussi à protéger les jeunes sur ses plateformes et a choisi à la place d’ignorer voire, dans certains cas, de renforcer des pratiques qui constituent une menace réelle pour la santé physique et mentale -- exploitant ainsi les enfants pour faire des profits », y explique-t-elle.

Le projet d’Instagram Kids en pause

L’enquête vise à « examiner scrupuleusement comment cette entreprise interagit avec les jeunes utilisateurs, à identifier toute pratique illégale et à mettre fin aux abus », ajoute la procureure.

L’enquête est co-dirigée par des représentants, démocrates et républicains, des Etats de Californie, Floride, Kentucky, Massachusetts, Nebraska, New Jersey, Tennessee et du Vermont. Les procureurs généraux de New York, du Colorado et du Texas ont aussi fait part de leur participation.

Les procureurs généraux de 44 Etats avaient déjà adressé une lettre à Mark Zuckerberg en mai, l’appelant à abandonner le projet de créer une version d’Instagram pour les moins de 13 ans. Ils y avaient évoqué les recherches montrant une corrélation entre l’utilisation des réseaux sociaux et la « hausse de la détresse psychologique et des comportements suicidaires au sein de la jeunesse ». Le groupe avait finalement plié en septembre face aux multiples critiques et indiqué qu’il « mettait sur pause » son travail sur cette nouvelle version.

La lanceuse d’alerte Frances Haugen avait quelques semaines plus tard, lors d’une audition consacrée à l’impact de Facebook et d’Instagram sur les jeunes utilisateurs, critiqué les méthodes qui poussent les adolescents à utiliser Instagram à haute dose, au point de sombrer parfois dans l’addiction.