Coronavirus en Allemagne : Non, ce médecin n'a pas laissé de lettre d'adieu pour dénoncer la vaccination

FAKE OFF La police allemande dément l’existence de la missive, qui qualifie les vaccins anti Covid-19 de « génocide ». Elle circule en ligne depuis le décès, le 2 novembre, du docteur Thomas Jendges, qui dirigeait un hôpital à Chemnitz

Mathilde Cousin
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Une ambulance à Berlin. Image d'illustration
Une ambulance à Berlin. Image d'illustration — Caro / Sorge/SIPA
  • Le docteur Thomas Jendges, qui dirigeait un important hôpital à Chemnitz, une ville d'Allemagne de l'Est, est mort par suicide le 2 novembre.
  • Depuis son décès, une supposée lettre d'adieu circule sur les réseaux sociaux. Le médecin y aurait écrit ne plus pouvoir « vivre avec les mensonges aux citoyens et aux patients » au sujet des vaccins contre le Covid-19.
  • La police de Chemnitz dément auprès de 20 Minutes l'existence d'une telle lettre.

« Je ne peux plus vivre avec les mensonges aux citoyens et aux patients, [leur dire] que les vaccins seraient inoffensifs. » Ces mots seraient ceux de la lettre d’adieu d’un médecin allemand, le docteur Thomas Jendges, décédé le 2 novembre à Chemnitz, une ville de l’est de l'Allemagne, proche de la frontière tchèque.

Le reste du texte qualifie les vaccins contre le Covid-19 de « génocide » et de « crime contre l’humanité ». Le docteur y expliquerait avoir choisi de mettre fin à ses jours car il « ne pouvait cautionner un tel crime de la part du gouvernement fédéral, du gouvernement régional et de leurs hommes de main ».

La police de Chemnitz dément l'existence d'une telle lettre.
La police de Chemnitz dément l'existence d'une telle lettre. - Capture d'écran Facebook

Cette supposée lettre d’adieu est partagée sur Facebook, après que le journal allemand Bild a consacré le 3 novembre un article au sujet du décès de ce médecin, qui dirigeait l’hôpital de Chemnitz. Le décès avait été rendu public la veille par la mairie de cette ville d’Allemagne de l’Est.

FAKE OFF

L’article paru dans le journal Bild ne fait aucune mention d’une telle lettre. La police de Chemnitz indique à 20 Minutes « avoir mené l’enquête » sur le sujet. « Nous n’avons pas connaissance d’une telle lettre d’adieu, contrairement à ce qui a été affirmé dans plusieurs publications », précise-t-elle.

Le docteur Thomas Jendges est mort par suicide le 2 novembre. Il codirigeait cet important hôpital depuis le 15 avril et en était devenu l’unique directeur le 1er octobre. Il avait fait partie des premières personnes de l’établissement à recevoir une dose de vaccin contre le Covid-19, fin décembre 2020, avait rapporté le média local Freipress. Il avait également soutenu l’ouverture d’un centre de vaccination au sein de l’hôpital, comme l’ont noté nos confrères autrichiens de Mimikama.

Thomas Jendges avait auparavant dirigé pendant onze ans un groupe de cliniques dans le Bade-Wurtemberg.