Israël engagé sur une ligne dure

Armelle Le Goff

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C'est mal parti. Avant-hier, dans son discours d'investiture à la Knesset, le Parlement israélien, le nouveau Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a bien parlé de « paix » avec les Palestiniens. Mais il s'est gardé d'évoquer un Etat palestinien, malgré les exhortations du chef de l'Etat, Shimon Peres, l'appelant à accepter « la vision de deux Etats pour deux peuples ». Plus tard dans la journée, c'est le nouveau chef de la diplomatie, l'ultranationaliste Avigdor Lierberman, qui a jeté un froid en affirmant que « le gouvernement et la Knesset n'ont jamais adopté [les engagements d'] Annapolis » de novembre 2007. A ses yeux, seule la feuille de route, élaborée en 2003, compte.

Aux orties donc le processus de paix international voulu par les Américains pour parvenir à un Etat palestinien ? Sans doute pas. Mais il est certain qu'avec ce genre de provocations, le chef du parti Israël Beiteinou donne le ton de la politique israélienne de ces prochains mois. Mahmoud Abbas - qui avait rencontré à vingt reprises Ehoud Olmert, le précédent Premier ministre, après la conférence d'Annapolis - a dit hier ne pas se faire d'illusions. Le président de l'Autorité palestinienne en a appelé à la communauté internationale, gênée, qui a insisté, notamment depuis Washington, sur une solution à deux Etats. ■