Birmanie : La junte au pouvoir va poursuivre Aung San Suu Kyi pour « fraude électorale »

REPRESSIONS Min Aung Hlaing, chef des militaires au pouvoir depuis le coup d’Etat du 1er février, a également menacé de dissoudre la LND, principale force d’opposition du pays

20 Minutes avec AFP
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Aung San Suu Kyi, le 3 novembre 2019, alors à la tête de facto du gouvernement birman.
Aung San Suu Kyi, le 3 novembre 2019, alors à la tête de facto du gouvernement birman. — Wason Wanichakorn/AP/SIPA

Les militaires continuent de consolider leur pouvoir en Birmanie, notamment en faisant taire la voix la plus symbolique du pays. La junte birmane a pour cela resserré encore son étau judiciaire autour d’ Aung San Suu Kyi, renversée en février. Les généraux vont l’inculper pour « fraude électorale » lors des législatives de 2020 remportées haut la main par son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

La prix Nobel de la paix, assignée à résidence depuis plus de neuf mois, va être poursuivie pour « fraude électorale », a confirmé ce mardi le journal Global New Light of Myanmar, contrôlé par le régime, sans donner plus de détails. Quinze autres responsables, dont l’ex-président Win Myint, également arrêté lors du coup d’État du 1er février, vont être poursuivis pour la même infraction. Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, a en outre menacé de dissoudre la LND et assuré que de nouvelles élections seraient organisées d’ici août 2023.

Plus de 11 millions d’irrégularités, selon les militaires

La junte justifie son passage en force en assurant avoir découvert plus de 11 millions d’irrégularités lors des élections de novembre 2020. Mais personne n’avait été inculpé pour cela jusqu’à présent. Les observateurs internationaux avaient pour leur part qualifié à l’époque ce scrutin de « globalement libre et équitable ».

Cette nouvelle inculpation de l’ex-dirigeante intervient au lendemain de la libération du journaliste américain Danny Fenster, gracié après plus de six mois de détention à la veille d’un procès où il risquait la perpétuité pour terrorisme. Il a été expulsé vers les Etats-Unis.

Aung San Suu Kyi, 76 ans, est jugée depuis juin pour une multitude d’infractions – importation illégale de talkies-walkies, sédition, corruption, incitation aux troubles publics… Elle est également accusée d’avoir violé les règles de restrictions contre le Covid-19. Et un premier verdict est attendu le 14 décembre dans ce volet de l’affaire. Le putsch de février a mis fin à une transition démocratique d’une décennie.