Biélorussie : Bagdad organise un premier vol de rapatriement de migrants irakiens jeudi

IMMIGRATION A la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, des migrants sont bloqués depuis des jours dans le froid, entraînant une crise diplomatique entre l’Union européenne et la Biélorussie

20 Minutes avec AFP
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Des migrants sont bloqués à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Certains venus d'Irak pourront «volontairement» rejoindre Bagdad jeudi par un vol direct entre Minsk et Bagdad.
Des migrants sont bloqués à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Certains venus d'Irak pourront «volontairement» rejoindre Bagdad jeudi par un vol direct entre Minsk et Bagdad. — Leonid Shcheglov/AP/SIPA

Ils ont parcouru un long chemin... mais risquent de retourner au point de départ. Le gouvernement irakien a annoncé l'organisation jeudi d'un premier vol de rapatriement de migrants  irakiens coincés à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne «sur la base du volontariat».

«L'Irak effectuera un premier vol pour ceux qui souhaitent rentrer volontairement le 18 de ce mois» depuis la Biélorussie, a déclaré Ahmed al-Sahaf, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, à la télévision publique irakienne dans la nuit de dimanche à lundi.

Plus de 500 Irakiens bloqués à la frontière

Il n'a pas précisé combien de personnes allaient embarquer sur ce vol Minsk-Bagdad. En revanche, l'Irak «a recensé 571 Irakiens» bloqués à la frontière polono-biélorusse qui se sont dit prêts à regagner «volontairement» l'Irak, a expliquéAhmed al-Sahaf.

Ces Irakiens, originaires pour la plupart de la région autonome du Kurdistan d'Irak, font partie d'un groupe de milliers de migrants du Moyen-Orient qui campent à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, pays membre de l'Union européenne.

Les liaisons aériennes régulières entre Bagdad et Minsk sont suspendues depuis le mois d'août et les consulats de la Biélorussie à Bagdad et Erbil, capitale du Kurdistan d'Irak, sont fermés depuis un peu plus d'une semaine.

Ces mesures, a expliqué Ahmed al-Sahaf, «ont réduit les voyages d'Irakiens (vers la Biélorussie, ndlr), mais le problème est que certains s'y rendent désormais sur des vols indirects, en passant par la Turquie, le Qatar, les Emirats et l'Egypte».

Ils fuient les difficultés économiques et l'instabilité

Les migrants kurdes irakiens disent fuir les difficultés économiques et l'instabilité qui accablent leur région, située dans le nord de l'Irak. Certains d'entre eux, interrogés par l'AFP, disent vouloir entrer en Pologne pour se diriger ensuite vers l'Allemagne ou la Grande-Bretagne dans l'espoir d'y trouver de meilleures perspectives économiques.

Leur sort est source d'impasse dans les relations entre l'Union et les États-Unis d'un côté, et de l'autre la Biélorussie soutenue par la Russie, son alliée.

Cette crise migratoire a été évoquée lundi lors d'une rencontre à Bagdad entre le vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas et le Premier ministre Moustafa al-Kazimi.

Dans un communiqué diffusé à l'issue de cette rencontre, Moustafa al-Kazimi a souligné «l'importance de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des citoyens irakiens sur l'ensemble du territoire européen», tout en mettant en garde contre «le risque pour ces derniers d'être victimes de trafic de migrants». Moustafa al-Kazimi a déclaré également selon le communiqué que son gouvernement veut assurer le «retour volontaire de tous les Irakiens bloqués, et de la manière qui préserve leur dignité».