Russie : Dix-huit licenciements après un scandale de tortures en prison

VIOLENCES Plusieurs vidéos montrant des viols et actes des tortures systématiques dans une prison hôpital de Saratov

20 Minutes avec AFP
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Un lanceur d'alerte dénonce vidéos à l'appui, des tortures sur des détenus dans les prisons russes.
Un lanceur d'alerte dénonce vidéos à l'appui, des tortures sur des détenus dans les prisons russes. — Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Après un scandale suscité par la diffusion de vidéos montrant des viols et actes des tortures systématiques dans une prison en Russie, dix-huit employés ont été démis de leur fonction, ont annoncé les services pénitentiaires russes, ce mercredi.

Début octobre, l’ONG Gulagu.net a publié des vidéos obtenues grâce à un lanceur d’alerte, un ancien prisonnier biélorusse qui avait eu accès à ces enregistrements lors de sa détention, sous couvert d’activités de maintenance informatique, et qui a demandé depuis l’asile en France.

Onze personnes poursuivies en justice

Ces images montrent notamment le viol d’un détenu à l’aide d’une perche dans une prison hôpital de Saratov. Ces révélations ont conduit à la démission du chef des services pénitentiaires locaux, au limogeage de cadres du pénitencier concerné et à l’ouverture de cinq enquêtes. Mercredi, le directeur par intérim de l’administration pénitentiaire de la région de Saratov, Anton Efarkine, a indiqué que 18 fonctionnaires avaient été limogés et 11 étaient poursuivis pour les « plus graves » manquements disciplinaires.

« Nous faisons tout pour faire la lumière et arriver aux conclusions nécessaires, je suis sûr que cela ne se reproduira pas à l’avenir », a-t-il assuré à la télévision publique locale GTRK. La veille, le projet Gulagu.net a publié d’autres vidéos montrant des viols dans cette prison hôpital de Saratov.

Un mandat d’arrêt contre le lanceur d’alerte

Le système carcéral russe est très régulièrement entaché de scandales de tortures, commises de façon quasi institutionnalisée par des gardiens ou d’autres détenus à leurs ordres, notamment afin d’obtenir des aveux sous la contrainte. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réaffirmé mercredi à la presse que des « vérifications » étaient en cours après ce scandale, ajoutant que le « système avait réagi ».

Le lanceur d’alerte, Sergueï Savalev, a demandé l’asile politique en France, disant craindre des représailles des autorités russes qui ont émis un mandat d’arrêt contre lui. Il est poursuivi pénalement pour « accès abusif » à des données informatiques, selon des documents sur le site d’un tribunal de Saratov. Mais son mandat d’arrêt a récemment été contesté par le Procureur régional, toujours selon cette source.