Pédocriminalité dans l’Eglise : Les évêques demandent au pape une personne de confiance pour les aider

ABUS SEXUEL Les évêques étaient réunis à Lourdes pour décider de la suite à donner au rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase)

20 Minutes avec AFP
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Les évêques se sont réunis à Lourdes pour évoquer le rapport Sauvé
Les évêques se sont réunis à Lourdes pour évoquer le rapport Sauvé — Valentine CHAPUIS / AFP

Pour « examiner » la manière dont ils traitent les personnes victimes de pédocriminalité, les évêques catholiques ont demandé au pape, ce lundi, de les aider « en envoyant quelqu’un » de confiance, a annoncé Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF).

Il s’exprimait lors du discours de clôture de l’assemblée plénière de la CEF à Lourdes, lors de laquelle des décisions prises vendredi et des résolutions votées à huis clos lundi « marquent un pas décisif », a-t-il assuré.

Les recommandations transmises au Pape

« Nous avons décidé ensemble de demander au pape, puisque nous sommes nommés par lui, de venir à notre aide en envoyant quelqu’un, en qui il a confiance, examiner avec nous la manière dont nous avons traité et traitons les personnes victimes et leurs agresseurs », a-t-il déclaré devant un hémicycle de quelque 120 prélats.

Une partie de ce rendez-vous entamé mardi dernier était consacrée à la suite à donner au rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (Ciase), présidée par Jean-Marc Sauvé, qui a révélé l’ampleur de la pédocriminalité dans l’Eglise. « Nous transmettrons au Saint-Père, après les avoir travaillées un peu, les recommandations de la Ciase, qui concernent l’Église universelle, en particulier concernant le droit canonique », a-t-il aussi ajouté.

« Réparation » et « indemnisation »

Sans révéler la teneur des résolutions votées, Eric de Moulins-Beaufort a aussi annoncé que la CEF avait « décidé la constitution d’une série de groupes de travail chargés de réfléchir à des aspects différents de notre gouvernance diocésaine ou nationale et de nous faire des propositions concrètes ». « Ces groupes, pilotés par une personne laïque », « rendront compte de leurs travaux en amont de chacune de nos assemblées plénières », a ajouté l’archevêque de Reims. Selon lui, les résolutions « constituent un vaste programme de renouvellement de nos pratiques de gouvernance » dans l’Eglise de France.

Le détail des résolutions doit être annoncé lors d’une conférence de presse à 14 heures. Vendredi, sous la pression du rapport Sauvé et des associations de victimes, les 120 évêques ont reconnu « la responsabilité » de l’Eglise catholique dans les crimes sexuels commis par des prêtres et religieux et leur dimension « systémique » depuis 1950. Mgr de Moulins-Beaufort avait alors souligné que « cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation ». Les mots « réparation » et « indemnisation » ont été prononcés lundi dans son discours de clôture, mais sans être détaillés. Le contenu d’un dispositif d’indemnisation financier a fait partie des questions travaillées par les évêques.