Coronavirus aux Etats-Unis : Les frontières rouvrent, les vols pris d'assaut

VOYAGE VOYAGE Après vingt mois de restrictions, les Etats-Unis rouvrent ce lundi leurs frontières terrestres et aériennes aux voyageurs vaccinés contre le Covid-19

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'un avion d'Air France à Roissy.
Illustration d'un avion d'Air France à Roissy. — JP PARIENTE/SIPA

La ruée vers l’Ouest version post Covid-19 ? C’est ce lundi le jour J pour les familles séparées par de longs mois de crise sanitaire. Les Etats-Unis rouvrent en effet leurs frontières terrestres et aériennes aux voyageurs vaccinés, après vingt mois de restrictions particulièrement mal vécues en Europe ou chez les voisins mexicains et canadiens. Beaucoup de familles des deux côtés de l’Atlantique attendent ces retrouvailles avec fébrilité. Il était certes possible d’aller des Etats-Unis vers l’Europe depuis l’été dernier, mais les étrangers installés sur le sol américain et détenteurs de certains visas n’avaient aucune garantie de pouvoir retourner chez eux.

Les compagnies aériennes se sont mises en ordre de bataille pour accueillir les voyageurs vaccinés de 33 pays autorisés à revenir aux Etats-Unis. Air France,​ British Airways, United Airlines… Pour faire face, les compagnies qui habituellement dépendent fortement des liaisons transatlantiques et transpacifiques ont ajouté des vols, choisi des avions plus gros, se sont assurées d’avoir suffisamment de personnel.

British Airways a vu les recherches de vols exploser de 900 %

L’annonce par la Maison-Blanche de la levée des restrictions était attendue depuis des mois par des familles séparées, des voyageurs d’affaires pressés de rencontrer leurs clients, ou de simples touristes. Immédiatement, les réservations de billets d’avion ont bondi. British Airways a ainsi vu les recherches de vols et séjours vers certaines villes américaines exploser de 900 % pour les jours précédant Noël, par rapport à la semaine avant l’annonce du gouvernement américain. Chez American Airlines, les réservations ont, le lendemain de l’annonce, bondi de 66 % vers le Royaume-Uni, 40 % vers l’Europe et 74 % pour le Brésil.

 

Les vols du 8 novembre, date de la réouverture, ont été pris d’assaut, comme l’ont constaté Evelyne et Jean-Michel Desobeau. Impatients de voir leur fille et leur gendre à New York, ils avaient, dès les premières rumeurs de réouverture des frontières, réservé des billets pour le 2 novembre, en utilisant leurs miles. Mais quand ils ont voulu changer pour le 8, le nombre de miles requis avait triplé, signe d’une forte demande. Ils arriveront finalement le 9, à un tarif plus raisonnable.

Pour les compagnies, « il n’y a pas un avant/après 8 novembre », remarque un porte-parole d’Air France. Elles ont, d’une part, mieux rempli leurs avions, qui ont pendant longtemps voyagé avec de nombreux sièges vides. Et elles ajoutent progressivement des places supplémentaires. L’entreprise française est ainsi récemment passée de trois vols par jour entre Paris et New York, sa liaison la plus fréquentée, à cinq. Sur la ligne vers Houston, elle va remplacer les Airbus 330 par des Boeing 777, qui offrent plus de sièges. Air France prévoit de revenir d’ici mars 2022 à 90 % de ses capacités d’avant-Covid sur les Etats-Unis, contre 65 % en octobre.

Reprise plus lente des vols transpacifiques

Le trafic devrait aussi reprendre côté transpacifique, mais plus lentement. Singapore Airlines, qui a profité en octobre de l’ouverture d’un corridor aux passagers vaccinés entre Singapour et l’Amérique du Nord, prévoit tout de même de revenir à 77 % de ses vols d’avant-Covid entre les deux zones en décembre, avec notamment la réouverture de lignes vers Seattle et Vancouver.

La question reste surtout de savoir quand les voyages d’affaires, vache à lait des compagnies, reviendront à leurs niveaux pré-Covid. Et cela pourra jouer sur les liaisons proposées. En effet, pour leurs vols transatlantiques, les compagnies privilégiaient jusqu’à présent quelques lignes clés avec des gros-porteurs, pour y inclure les confortables sièges des voyageurs d’affaires. Elles complétaient les trajets avec des vols intérieurs aux Etats-Unis et en Europe.

Un « travel ban » très critiqué

Pour rappel, le « travel ban » imposé par Donald Trump au début de 2020, puis confirmé par son successeur Joe Biden, a été très critiqué et il est devenu emblématique des bouleversements provoqués par la pandémie.

Pour se prémunir des pays les plus affectés par le Covid-19, Donald Trump avait imposé dès février 2020 des restrictions sur les voyages en provenance de Chine. Puis le 13 mars, ce fut le tour des pays européens de l’espace Schengen. Suivaient quelques jours plus tard la Grande-Bretagne et l’Irlande, tandis que les frontières terrestres avec le Mexique et le Canada étaient en très grande partie fermées.