Pêche post-Brexit : Un dernier dialogue à Paris ce jeudi entre la France et le Royaume-Uni avant de possibles sanctions

BRAS DE FER Le secrétaire d’État britannique chargé du Brexit, David Frost, a été convié en France par le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune

20 Minutes avec AFP
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Des bateaux de pêche dans le port du Guilvinec, le 15 septembre 2021.
Des bateaux de pêche dans le port du Guilvinec, le 15 septembre 2021. — ISA HARSIN/SIPA

En pleine crise de la pêche, c’est le dialogue de la dernière chance. Le secrétaire d’État britannique chargé du Brexit, David Frost, va rencontrer le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune ce jeudi à Paris.

Le lieu de la réunion n’a pas été communiqué, l’entourage de Clément Beaune précisant que celle-ci se déroulerait hors médias. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a toutefois confirmé que le litige sur la pêche serait à l’ordre du jour, sans plus de détails.

Désaccords sur les licences

Paris et Londres sont en conflit sur les licences de pêche accordées aux Européens après le Brexit. La France menaçait d’interdire dès lundi dernier à minuit aux navires de pêche britanniques de débarquer leurs cargaisons dans les ports français et de renforcer les contrôles douaniers de tous les camions si Londres​ n’accordait pas davantage de licences aux pêcheurs français. Elle avait finalement provisoirement levé l’ultimatum en attendant la rencontre parisienne.

En vertu de l’accord de Brexit, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir. Environ un quart des prises françaises en volume (environ 20 % en valeur) proviennent des eaux britanniques, très poissonneuses et qui sont à l’origine de 650 millions d’euros de ventes annuelles pour les pêcheurs européens.

Un premier pas à Bruxelles

Des discussions sur le sujet avaient lieu mercredi à Bruxelles entre le Royaume-Uni et la Commission européenne, pendant lesquelles a été abordé pour la première fois le point sensible des navires de remplacement, à savoir les nouveaux bateaux de pêche français ayant pris la place de plus anciens, selon une source européenne. Les Britanniques, qui refusaient de les prendre en compte, semblent avoir assoupli leur position, mais ils veulent des garanties selon lesquelles leurs prises ne seront pas supérieures à celles des bateaux qu’ils ont remplacés.