Coronavirus au Danemark : La Première ministre justifie l’abattage de 15 millions de visons

COMMISSION D'ENQUETE Mette Frederiksen a dû s’expliquer, ce mercredi, sur des SMS supprimés au moment de la décision controversée d’abattre tous les visons du pays

20 Minutes avec AFP
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La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, en novembre 2020, en visite dans une ferme d'élevage de visons.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, en novembre 2020, en visite dans une ferme d'élevage de visons. — Mads Nissen / Ritzau Scanpix / AFP

La cheffe du gouvernement danois, Mette Frederiksen, a justifié, mercredi, sa gestion de la crise du Covid-19, et assuré collaborer avec la commission d’enquête lancée par le Parlement au printemps, à propos de l’abattage massif des visons. Les parlementaires avaient demandé l’accès à ses SMS et à ceux de ses proches conseillers. Mais la Première ministre du Danemark a déclaré qu’ils n’existaient plus, car les réglages de son téléphone les supprimaient automatiquement après trente jours, pour des raisons de sécurité.

Une affirmation accueillie avec scepticisme par la classe politique : seulement deux des 51 ministres et ex-ministres interrogés par la télévision publique DR ayant indiqué avoir mis en place un tel procédé. « Je ne peux pas dire quand la fonction [de suppression] a été activée mais au plus tard pendant l’été 2020 », a affirmé Mette Frederiksen, lors d’une conférence de presse mercredi soir, « ça s’est passé avant l’abattage des visons et avant le lancement de la commission ».

Pas de base légale

La décision radicale d’abattre la totalité des 15 millions de mammifères avait été prise en novembre 2020 à cause d’une mutation du coronavirus qui pouvait selon des études préliminaires menacer l’efficacité du futur vaccin pour les humains. Après des mesures drastiques dans la région concernée du Jutland du Nord, dans le nord-ouest du pays, la mutation avait été déclarée éteinte quelques semaines plus tard, et le gouvernement avait dû reconnaître qu’il n’avait pas de base légale à l’époque pour mener cet abattage.

Il avait ensuite fait adopter une nouvelle législation, qui va être prolongée, bannissant l’élevage de vison pour un an. L’abattage « est une décision que je maintiens et c’est une décision qui a été prise sur la base d’une évaluation très sérieuse des risques », a assuré Mette Frederiksen.

Attendue pour témoigner

Mardi, le ministère de la justice a annoncé avoir demandé à la police « de l’aider à récupérer les messages SMS susceptibles d’intéresser la commission », selon un communiqué obtenu par l’AFP, qui précise qu’une réponse des techniciens sur la reconstitution des messages sera connue la semaine prochaine.

« Je trouve dommage que les SMS aient été supprimés (…) mais j’espère qu’ils pourront être restaurés », a dit la cheffe du gouvernement. Mette Frederiksen doit témoigner le 9 décembre devant la commission d’enquête qui doit rendre ses conclusions en avril 2022.